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L'Année Internationale du Riz : contexte international, national
et local
L'initiative
de lancer une Année internationale du riz (AIR) a vu le jour
en 1999, lorsque l'Institut international de recherche sur le riz
(IRRI) - s'inquiétant, à l'instar de ses membres,
des menaces croissantes qui pèsent sur le développement
de la riziculture - a sollicité l'aide de la FAO en vue de
déclarer une AIR. Le 16 décembre 2002, lors de la
cinquante-septième session de l'Assemblée générale
des Nations Unies, la FAO a déclaré l'année
2004 " Année Internationale du Riz " (AIR).
La
mission de l'AIR est énoncée ainsi :
"L'Année
internationale du riz a pour objectif d'encourager un accroissement
de la production rizicole ainsi qu'un accès amélioré
à cette récolte vivrière primordiale qui
nourrit plus de la moitié de la population mondiale tout
en faisant vivre des millions de personnes chargées de
la production, du traitement et du commerce du riz. Le développement
de systèmes de riziculture viables permettra d'éliminer
la faim et de réduire la pauvreté tout en contribuant
à préserver l'environnement et à assurer
une vie meilleure aux générations présentes
et futures pour qui " Le riz, c'est la vie "".
L'Année Internationale du Riz a été organisée
par un groupe de grandes organisations internationales sous la direction
de la FAO. Le fait de consacrer une Année internationale
à une récolte unique est sans précédent
dans les annales de l'Assemblée générale des
Nations Unies. Elle sera célébrée en collaboration
avec les Gouvernements, le PNUD, les instituts de recherches et
d'enseignement nationaux et/ ou internationaux ainsi que des Organisations
non gouvernementales (ONG). Au total, quarante quatre pays participent
à l'AIR.
La
France est représentée officiellement au niveau de
l'AIR par le CIRAD, une des composantes fondamentales du complexe
international de recherche et d'enseignement, Agropolis, à
Montpellier. Le CIRAD, en tant que correspondant français
de l'AIR a informé Agropolis-Museum de cette initiative qui
a aussitôt marqué son intérêt pour ce
projet, compte tenu de sa mission de diffusion de la culture scientifique.
2-
Pourquoi en effet consacrer une " année " au riz
?
Quelques
chiffres ci-dessous montrent l'importance du riz dans le monde
Savez-vous
que ?
1.
Le riz est cultivé dans 113 pays et sur tous les continents,
à l'exception de l'Antarctique !
2.
Le riz, l'une des trois céréales les plus cultivées
au monde, couvre 15 % des surfaces cultivées. Cette plante
vivrière tolère des conditions climatiques et des
sols variés : désert, chaleur, humidité,
inondations, sécheresse, froid, sols salins, alcalins et
acides.
3.
Le riz constitue l'aliment de base pour plus de la moitié
de la population mondiale. Plus de 2 milliards de personnes en
Asie tirent 60 à 70% de leurs apports énergétiques
du riz et de ses dérivés. Le riz apporte le tiers
de la ration en calories aux populations d'Afrique et d'Amérique
latine.
4.
La riziculture représente l'activité de base et
la principale source de revenus pour près de 100 millions
de foyers en Asie et en Afrique.
5.
Près des 4/5 du riz mondial est cultivé par de petits
agriculteurs dans des pays en développement à faible
revenu. Le riz est surtout consommé sur place : seulement
5 % du riz produit est échangé dans le monde contre
20 % pour le blé.
6.
En abritant une grande variété d'organismes terrestres
et aquatiques du fait de la présence continue d'eau fraîche,
les rizières contribuent, d'un point de vue environnemental,
au maintien de la biodiversité. Cette dernière offre
en retour un potentiel de diversification des sources alimentaires
pour les populations locales.
Le riz représente ainsi un véritable enjeu planétaire
du fait de l'augmentation de la population mondiale qui va s'accroître
de 100 millions de personnes par an d'ici 2025. Ce ne seront plus
6 milliards d'habitants qu'il faudra alors nourrir mais 8,5 milliards.
Pour
les chercheurs du CIRAD, de l'IRD, etc. l'amélioration de
la productivité et la durabilité des systèmes
rizicoles sont deux objectifs essentiels qui mobilisent les équipes
de recherche de Montpellier.
MAIS
SI LE RIZ EST UN ALIMENT ESSENTIEL, IL EST AUSSI BIEN PLUS QU'UN
ALIMENT
"
Près de 3 milliards de personnes partagent la culture,
les traditions et le potentiel inexploité du riz. Dans
les villages reculés de l'Asie du Sud-est, les agriculteurs
comparent toujours un grain de riz à un "grain d'or".
Les habitants du Japon moderne considèrent le riz comme
le centre même de leur culture. Le long de la rivière
Sénégal en Afrique de l'Ouest, les villageois accueillent
leurs visiteurs avec des plats gastronomiques au riz " (source
: FAO).
Où qu'il
soit cultivé, le riz figure dans l'alimentation quotidienne
des peuples, lors des rites religieux, dans des peintures et dans
des chansons. Même dans les nations dites "sans tradition
rizicole" (comme dans le Sud de l'Europe), la culture de
ce produit a modifié les paysages, introduit un nouvel
art culinaire et assuré aux agriculteurs de nouveaux revenus.
Comme l'énonce la FAO, " le riz représente
la société, la culture, la politique, les affaires,
la beauté des paysages, les peuples au sein de leurs communautés.
En somme, le riz, c'est la vie"
3-
Les enjeux de l'AIR
Si
" le riz est synonyme de vie ", la riziculture doit faire
face, selon la FAO, à des obstacles considérables,
parmi lesquels des niveaux " de rendement en baisse, un épuisement
des ressources naturelles, une pénurie de main-d'uvre,
la parité des sexes, (
) les déficiences institutionnelles
et la pollution de l'environnement. Vaincre la faim, la pauvreté
et la malnutrition - tout en assurant la protection de l'environnement
- exige l'action collective de l'ensemble des parties prenantes.
La diversité des régions, des peuples, et des ressources
ainsi que leur articulation au sein des systèmes de riziculture,
exige une démarche diversifiée en matière du
développement mondial de la riziculture et doit prévoir
une participation tant au niveau local qu'au niveau international
".
Le
but essentiel de l'AIR consiste à promouvoir le développement
efficace et durable de la riziculture et des systèmes de
production rizicole, maintenant et dans les années à
venir.
Afin de s'acquitter de cette tâche principale, la stratégie
de l'AIR met l'accent sur les buts intermédiaires suivants
:
"
Sensibiliser le grand public à l'apport des systèmes
de riziculture en matière de sécurité alimentaire,
de nutrition améliorée et de réduction de
la pauvreté".
" Sensibiliser
le grand public à la diversité et à la complexité
du riz et des systèmes de production rizicoles".
4. L'AIR
au sein d'Agropolis-Museum
Dans
le cadre de ses missions de diffusion de la culture scientifique
liée aux institutions d'Agropolis et compte-tenu des enjeux
de l'AIR énoncés ci-avant, la programmation d'Agropolis-Museum
sera dédié d'octobre 2004 à janvier 2005 au
riz. Agropolis-Museum deviendra la Cité du riz.
Le
CIRAD et les différentes institutions scientifiques membres
d'Agropolis (IRD, INRA, CNEARC) apportent en amont et en aval du
projet leur expertise en matière de contribution scientifique,
de conception et de mise à disposition d'expositions, de
collecte et d'échanges d'objets muséographiques, de
ressources documentaires, de réseaux
Pour
favoriser une approche pluridisciplinaire et comparative du riz,
il est parfois nécessaire de faire appel à des chercheurs
d'autres institutions (EHESS, Universités
), en particulier
des anthropologues.
Par
ailleurs, des professionnels de la filière " riz ",
des opérateurs socio-économiques concernés
par le riz (organismes liés à l'aménagement
du territoire, commerce équitable, restaurants,
),
des artistes et des médiateurs (conteurs, chanteurs, danseurs
),
des associations socioculturelles ambassadrices de pays producteurs
de riz prendront également une part active à la manifestation.
Agropolis-Museum
souhaite ainsi offrir à un large public une vision à
la fois globale et cohérente, originale et plurielle du riz.
Sources :
FAO, Site Internet de
l'AIR 2004
CIRAD,
Le
riz qui nourrit le monde, février 2002
Comité
de pilotage
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