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les
Calabres, la Sicile, la Grèce et les îles de l'Archipel,
la Turquie d'Europe, une partie de la Russie méridionale,
l'Asie mineure, la Syrie, l'Égypte et l'Algérie.
Blé
de Pologne (Triticum polonicum, L.) - Le blé
de Pologne n'est guère cultivé, en dépit
de son nom, que dans le nord de l'Afrique et en Algérie.
Il se distingue de tous les autres par la longueur de quelques-unes
de ses glumelles qui atteignent 3 ou 4 centimètres; il
est à remarquer toutefois que ces glumelles démesurées
appartiennent souvent à des fleurs stériles; celles
qui renferment des grains ne dépassent pas beaucoup ceux-ci
en longueur. On pourrait réunir cette forme au blé
dur dont elle n'est, selon toute apparence, qu'une simple variation.
La paille du blé de Pologne est pleine, l'épi faiblement
barbu, le grain long et glacé; son emploi est le même
que celui des autres blés durs. En dehors de l'Afrique
du nord il se cultive quelquefois dans le centre de l'Europe et
aux États-Unis, où il a été pendant
ces dernières années l'objet d'une certaine faveur.
Avec le blé de Pologne se termine la liste des blés
à grain nu.
BLÉS
A GRAIN VÊTU
Les
trois espèces qui composent ce groupe présentent,
avec des caractères botaniques communs, certaines particularités
qui les rendent intéressantes pour la culture. Comme compensation
à la difficulté du nettoyage du grain, elles possèdent
l'avantage de réussir dans des terres très maigres,
de peu de consistance et presque dépourvues de calcaire.
Elles tallent d'une manière prodigieuse et s'accommodent
pour la plupart de climats très durs, auxquels les autres
sortes de blés résisteraient difficilement.
Épeautres
(Triticum Spelta, L.). - Cette espèce a l'épi
long et mince et les épillets fort écartés
les uns des autres; la paille en est abondante, forte, douce et
très creuse.
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Il
y a des épeautres barbus (1) et d'autres qui sont sans
barbes; l'épi en est lisse ou velu, blanc, rose ou noirâtre,
mais dans toutes le grain est rougeâtre,
demi-glacé, à peau fine. Il donne une farine très
blanche qu'on recherche en Suisse et en Allemagne de préférence
aux autres pour la pâtisserie. Les épeautres se cultivent
dans les parties froides, montagneuses et peu fertiles de l'Europe
et de l'Asie, en Lorraine, sur les bords du Rhin, dans le Jura,
l'Allemagne du centre, la Russie et jusque dans l'Inde.
Amidonniers
(Triticum amyleum, Seringe.). - Les Amidonniers nous semblent
pouvoir être réunis aux épeautres, dont ils
constitueraient une forme à épi compact; ils ont
les chaumes très nombreux, la paille fine et creuse, l'épi
aplati, beaucoup plus large sur le profil que sur la face. Ils
sont barbus et réussissent mieux de printemps que d'automne.
Le grain comprimé et en forme de navette a la pellicule
très mince; il a eu une réputation spéciale
pour la fabrication de l'amidon. On trouve cette sorte de blé
dans les parties montagneuses de l'Europe centrale, depuis les
Ardennes jusqu'en Russie.
Engrains
(Triticum monococcum, L.). - L'Engrain est ainsi appelé
parce que d'ordinaire l'épillet ne contient qu'un seul
grain. Le nom n'est pas très heureusement choisi, car il
peut se trouver plusieurs grains par épillet et dans l'engrain
double c'est assez généralement le cas. Il n'est
pas de blé qui talle aussi abondamment que l'engrain et
qui soit aussi régulièrement exempt de toute espèce
de maladie. Par contre il est d'un faible produit et ne convient
qu'aux terres médiocres. On le cultive en Berry et dans
quelques localités de l'Allemagne, en Hongrie et dans la
Russie centrale.
Les
variétés sorties de ces sept différents types
sont innombrables. Il ne serait pas difficile d'en réunir
plusieurs milliers, ayant chacune un nom différent et parmi
lesquelles le botaniste ou le cultivateur le plus exercé
ne pourrait manquer
(1)
Bien que dans la plupart des ouvrages agricoles le mot Épeautre
soit employé au féminin, nous avons cru devoir nous
ranger à l'avis de l'Académie en le faisant du masculin.
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