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Il est une porte par où tous les Beliyan, “ceux qui viennent de l’ocre”, passent de l’invisible au visible. Les Beliyan, hommes de la lumière, naissent des Biyil, esprits conçus dans l’invisible. Au pays bassari, cette porte se trouve sur une montagne sacrée près du village d’Ethiolo. Là, tout semble avoir commencé et tout peut se terminer…
Mythe fondateur de la cosmogonie bassari
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Ce mythe fondateur reste partout présent dans la cosmogonie bassari et dans les rapports au milieu naturel. Au pays bassari, cette porte se trouve sur une montagne sacrée près du village d’Etyolo. C’est là que tout semble
avoir commencé et que tout peut se terminer. Le rapport de l’ocre à la lumière fonde à la fois l’origine, le présent et l’avenir du monde bassari. C’est par les échanges permanents entre les essences et les apparences, entre le perceptible et le non-perceptible que se construit la réalité de l’identité bassari. La communion entre vivants ainsi que les liens entre les générations présentes, passées et futures s’inscrivent dans un canevas de société que chaque acteur social perpétue et qui se reproduit en boucle, à l’identique, liant à tout jamais les vivants et les morts.
Les Bassari du Sénégal vivent dans la communauté rurale de Salémata, située entre le parc national du Niokolo Koba et la frontière de la Guinée, à plus de 800 km de Dakar. Ils comptent aujourd’hui près de cinq mille personnes réparties en vingt-sept villages. Bien qu’enclavé, le monde bassari constitue un espace de confluences culturelles partagé avec les Peul, les Malinké, les Sarankolé et les Diahanké.
Les Bassari, peuple forestier de chasseurs-cueilleurs, ont progressivement adopté l’agriculture dans un paysage à l’origine très sauvage qu’ils ont peu à peu défriché. Cette artificialisation du milieu a, en partie, dénaturé leurs rapports avec les forces invisibles, creusant un fossé entre eux et la nature. Si leurs traditions restent fortement imprégnées des échanges avec les génies, ils s’en éloignent inexorablement avec l’ouverture au monde contemporain.
Tiraillé entre sa propre représentation du monde et le poids chaque jour plus grand de la mondialisation, le peuple bassari entre dans le XXI ème siècle persuadé qu’il en sortira forcément transformé, voire profondément acculturé. Cependant, il conserve l’espoir de pouvoir toujours demeurer bassari.
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