Comment reconnaître les blés vêtus ?

Épillets de blés vêtus
L'engrain L'amidonnier L'épautre
Glumelles   Glumes   Rachis

Il y a trois grands types de blés vêtus : l'engrain (diploïde), l'amidonnier (tétraploïde) et l'épeautre (hexaploïde). Chez les deux premiers, le fragment de rachis (en bleu dans le croquis) qui reste attaché à l'épillet est celui situé en-dessous de l'épillet. Autrement dit, la zone d'abscission se situe juste au-dessus du point d'insertion de l'épillet. Ceci constitue un dispositif permettant à la propagule de se ficher en terre.

Par contre, l'épeautre a hérité de son progéniteur Aegilops tauschii un autre mode de désarticulation, où c'est le fragment de rachis placé à la même hauteur que l'épillet qui lui reste attaché. Autrement dit, la zone d'abscission se situe juste au-dessous du point d'insertion de l'épillet.

De plus, l'engrain a en principe un seul grain par épillet, bien que l'on en connaisse à deux grains par épillet.

Une grande confusion continue à régner sur les noms à donner aux blés vêtus. Une des causes en est que le nom de l'épeautre (épeautre, spelt, spelta ...) vient du germanique (allemand Spelz ), où il a un sens générique, dans la mesure où les "enveloppes" (glumes et glumelles) s'appellent " die Spelzen ". L'allemand Spelz signifie donc "blé vêtu", sachant que l'épeautre est de loin le plus important des blés vêtus dans les pays de langue allemande.

La même confusion se retrouve en italien, où farro désigne de nos jours l'une ou l'autre des trois espèces, alors que ce nom vient du latin far , qui désignait l'amidonnier.

Ce que beaucoup d'égyptologues francophones appellent "épeautre" est en fait toujours l'amidonnier.


Michel Chauvet
Ethnobotaniste
INRA / Agropolis-Museum