Triticum

Les blés forment un complexe où de nombreuses espèces ont été dénommées.

Ils ont fait l'objet de nombreuses études cytogénétiques, et l'on sait maintenant qu'ils se classent dans une série polyploïde.

 

  • Certains sont diploïdes et partagent le génome appelé AA.
  • D'autres sont tétraploïdes et de formule AABB.
  • Un groupe est hexaploïde de formule AABBDD.
  • Enfin, des blés endémiques de Georgie forment une série parallèle, avec les génomes AAGG et AAAAGG.

A l'intérieur de chaque groupe, les formes sont totalement interfertiles, alors que les hybrides entre groupes sont fortement stériles. C'est pourquoi les auteurs modernes (Mac Key, 1966) estiment que c'est à ces groupes naturels qu'il faut accorder le statut d'espèce. En effet, on doit à un très faible nombre de gènes les différences entre formes sauvages (à rachis fragile) et formes cultivées (à rachis solide), ou bien entre grains vêtus (à glumes et glumelles adhérant au grain) et grains nus.

Les génomes B, D et G proviennent d'espèces du genre Aegilops, qui entretient avec les blés des relations tellement étroites que certains les ont réunis dans le genre Triticum. Le génome D provient d'Aegilops tauschii. Quant au génome B, son origine semble plus complexe, car il aurait évolué après hybridation, à partir du génome S que partagent plusieurs espèces d'Aegilops de la section Sitopsis, en particulier A. searsii Feldman et Kislev (1977) et A. longissima Schweinf. et Muschl. (1912). De même pour le génome G, issu de A. speltoides Tausch (1837) [syn. : A. aucheri Boiss. (1844)].

Les blés n'ont pas tous la même façon de désarticuler leurs épis pour les formes sauvages, ou de les fracturer au battage pour les formes cultivées. Chez la plupart, le fragment de rachis qui reste attaché à l'épillet est celui situé en-dessous de l'épillet, ce qui constitue un dispositif permettant à la propagule de se ficher en terre. Par contre, T. aestivum a hérité de son progéniteur Aegilops tauschii un autre mode de désarticulation, où c'est le fragment de rachis placé à la même hauteur que l'épillet qui lui reste attaché. Ce caractère permet de distinguer les diverses espèces de blés vêtus, chez lesquels on stocke des épillets entiers et non des grains. Chez les blés vêtus, le décorticage casse l'embryon, ce qui fait que le grain nu ne peut être utilisé comme semence.

Références : Bonjean et Picard, 1990 ; Cauderon Y., 1978 ; Feldman, 1977 ; Hillman, 1984 ; Hillman, 1985 ; Morris et Sears, 1967 ; Zohary et Hopf, 1994.

 

Diploïdes
T. monococcum

Tétraploïdes
T. turgidum

T. timopheevii

Hexaploïdes
T. aestivum
T. zhukovski

 



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