Amidonnier
Triticum turgidum
 
L. subsp. dicoccum
(Schrank) Thell.

Les autres Triticum turgidum

Nom alternatif : T. dicoccon Schrank
Synonyme: T. dicoccum Schübler

2n = 28, génome AABB
Blé tétraploïde

 Noms

Français
Amidonnier, emmer
Anglais
Emmer
Allemand
Emmer, ammer, ammelkorn
Espagnol
Escaña, escanda, trigo almidonero
Italien
Farro
Néerlandais
Grote spelt, tweekoorn, emerkoren
Portugais Trigo branco
Éthiopie
Aja

En grec, zeia ou zea désignait soit l'amidonnier, soit l'ensemble des blés vêtus. C'est dans ce dernier sens que les botanistes pré-linnéens ont adopté Zea, par opposition à Triticum pour les blés nus, avant que Linné n'en fasse le nom scientifique du maïs. Il s'agit d'un nom indo-européen que l'on retrouve dans le sanscrit yava, qui désigne l'orge. Un autre nom grec, olyra, a pu désigner un type d'amidonnier, mais aussi le sorgho que les Grecs ont connu en Egypte.

Pendant des siècles, les Romains n'ont connu que ce type de blé, sous des formes sans barbes (far, ador) ou des formes barbues (zea). L'importance de l'amidonnier transparaît dans le mot farina, qui désignait au départ la farine d'amidonnier. Dans le théâtre de Plaute, les Romains étaient surnommés par les Grecs les "mangeurs de bouillie". Celle-ci (puls) se faisait surtout à partir de farine ou de gruau d'amidonnier, et pouvait être mangée ou bue, suivant sa consistance. Le latin far survit dans l'italien farro, qui désigne tous les blés vêtus, mais principalement l'épeautre.

Le nom germanique emmer pourrait venir du latin amylum, et se réfèrerait ainsi comme le nom français amidonnier à l'usage de ce blé pour la production d'amidon.

 

 Biologie de l'amidonnier

Le rachis de l'épi ne se désarticule que tardivement ou partiellement à maturité. L'épillet reste attaché au fragment de rachis situé au-dessous. Les glumes ont une dent apicale courte. La lemma est généralement munie d'une arête.


2n = 28
Génome AABB
Blé tétraploïde

 

 

 Histoire de l'amidonnier

L'amidonnier sauvage a longtemps été récolté avant l'agriculture. Des restes en ont été retrouvés au sud de la Mer Morte, datant de 17000 av. JC. Les plus anciens restes d'amidonnier cultivé datent de 7800-7600 av. JC. à Tell Aswad (Syrie), puis de 7500 av. JC. à Jéricho. L'amidonnier devient alors la céréale la plus importante des premières communautés agricoles du Proche-Orient, et arrive en Mésopotamie au 6e millénaire avant JC. C'est aussi la principale céréale des débuts de l'agriculture dans les Balkans et la région danubienne (5000 av. JC.). En Europe centrale et du nord, il reste dominant pendant tout l'Age du Bronze. Par contre, au Proche-Orient, il sera vite remplacé par des blés à grains nus. De même après les débuts de l'agriculture dans l'ouest de la Méditerranée.

Vers l'est, l'amidonnier et l'orge ont permis l'introduction de l'agriculture dans le Caucase, au Pakistan et dans le nord de l'Inde (civilisation de l'Indus). Vers le sud, l'amidonnier arrive en Egypte au 5e millénaire, et en Ethiopie vers 3000 avant JC. Dans cette région, il est resté une céréale importante et diversifiée, au point que Vavilov voyait en l'Ethiopie son centre d'origine.

Pendant le préhistoire et l'Antiquité, l'amidonnier était utilisé comme aliment (surtout en bouillie) et pour la fabrication d'une bière très estimée.


 Géographie de l'amidonnier

De nos jours, l'essentiel de la production d'amidonnier au Proche-Orient est destinée à la fabrication d'une qualité supérieure de boulgour. La "semoule" (alica) dont parle Pline (18, 112) semble avoir été une forme de boulgour.

En Ethiopie, on le mange en gruau, en bouillie au lait ou à l'eau, ou bien on fabrique avec sa farine un pain spécial, le kita. Il est apprécié pour sa digestibilité.

Ce blé est cultivé en République tatare, en Transcaucasie, dans les Pyrénées espagnoles, en Suisse et en Yougoslavie. Il l'a jadis été en Autriche, en Thuringe, dans le sud-ouest de l'Allemagne et en Tchécoslovaquie. Il l'est encore un peu au Maroc, en Arabie, en Irak, en Iran, en Inde, en Sibérie, en Asie centrale et aux Etats-Unis. En Ethiopie, il forme plus de 7% de la production de blé. Sa culture en forte régression.


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