Grains vêtus et grains nus

Blé vêtu
Un blé vêtu :
l'amidonnier

Chez les graminées sauvages, la propagule (c'est-à-dire l'organe qui assure la reproduction de la plante) est constituée par le grain entouré de ses glumelles, ou par l'épillet entier entouré de ses glumes. La graine est ainsi bien protégée, et les arêtes contribuent à sa dispersion en s'accrochant dans la laine des animaux.

Certaines céréales ont conservé ce mode de dispersion, et on les appelle les céréales vêtues. Chez ces céréales, le produit du battage est constitué par les grains ou les épillets entiers, entourés de toutes leurs enveloppes externes (glumes et glumelles). Quant on veut consommer ces céréales, il faut le plus souvent les décortiquer, ce qui a pour effet de casser les embryons. C'est pourquoi on préfère stocker ces grains sans les décortiquer. C'est aussi pourquoi les grains décortiqués ne peuvent être utilisés comme semence.

Blé nu
Un blé nu:
le blé dur

Le décorticage est une opération difficile, et nos ancêtres ont souvent préférer cultiver des céréales à grains nus, quand ce type de mutation est apparu en culture. Mais il y a parfois des inconvénients à cultiver une céréale à grains nus, car les grains peuvent tomber trop facilement par terre, et les oiseaux peuvent les atteindre plus facilement...

Chez une céréale à grains nus, le produit du battage est constitué par les grains nus, mélangés aux balles, c'est-à-dire aux glumes et glumelles. Le vannage consiste à séparer grains et balles à l'aide du vent, les balles étant bien plus légères et offrant plus de prise au vent que les grains.

Michel Chauvet
Ethnobotaniste
INRA / Agropolis-Museum


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