Sarcophage pour un
simulacre de momie d'Osiris

© N. Guilhou

 

 

Le sarcophage (longueur 57,3 cm ; largeur 19,5 cm), est de forme humaine aux différentes parties - tête, épaulement et pieds - bien marquées. Le visage est celui d'un faucon, dont les yeux sont représentés avec un grand naturalisme.



Pseudo momie (détail)
© N. Guilhou

La perruque est tripartite, de couleur lapis-lazuli, symbolisant la nuit, dégageant les oreilles. Le corps jaune, couleur de l'or est assimilé à la chair des dieux, inaltérable comme ce métal.Comme tout sarcophage, il se compose de deux parties : une cuve creusée pour recevoir une pseudo-momie d'Osiris et un couvercle pour la dissimuler. Ces deux parties sont maintenues jointives par un système de tenons et mortaises, taillées dans du bois de tamaris. Le bois utilisé pour le sarcophage est du sycomore, stuqué et peint en jaune, avec deux bandes bleues où devaient être inscrits les noms et épithètes d'Osiris : Sokaris-Osiris, Khentamenty (à la tête de l'Occident ).

La pseudo-momie est façonnée avec du limon, des grains d'orge, du bitume, des aromates. Le mélange est maintenu par des bandelettes de limon. Sur le visage, devait être plaqué un masque humain en cire, muni de la barbe divine. La couronne blanche d'Osiris avec uraeus (un cobra), son sceptre – heqa (la houlette du berger) son flagellum en cire également, devaient parfaire ce simulacre de momie osirienne. Un scarabée, les quatre fils d'Horus et quatre boules composés aussi de limon, d'orge et de bitume, en assuraient la protection.

L'Osiris est parfois représenté sous sa forme ityphallique. Ce type de momie était confectionné durant le mois de Khoiak, comme nous l'apprennent les textes du temple de Dendara, inscrits dans les chapelles osiriennes, pour participer aux rites de génération pratiqués au cours de ce mois. Un an après sa confection, la momie était inhumée dans une nécropole isolée, sous une butte arborée. Les funérailles se déroulaient le 30 Khoiak.

Les Osiris de Tehneh el-Gebel, comme ceux trouvés dans la région thébaine ou la nécropole de l'ancienne ville d'Oxyrhynchos (Moyenne Egypte) relèvent de la même idée que les Osiris végétants, même si aucune trace de germination n'a été relevée sur les nombreux exemplaires découverts.

Marguerite ERROUX-MORFIN
UMR 5052 du CNRS
Université Paul Valéry, Montpellier


Bibliographie
G. Lefebvre, « Sarcophages égyptiens trouvés dans une nécropole gréco-romaine à Tehneh », ASAE 4, 1903, p. 227-231. E. Chassinat, Les mystères d'Osiris au mois de Khoiak , Fasc. I et II, Paris, 1966,1968. Catalogue de l'Exposition du Musée de l'Ephèbe, Le Cap d'Agde, 10 septembre 1999 – 8 janvier 2000, Egypte, Vision d'éternité, Notice rédigée par M. Chr. Lavier, p. 90-92.