Hiéroglyphes des pains

Pain semi arrondi
Pain semi arrondi
Musée de l'Agriculture
ancienne du Caire

© A. du Boistesselin


 
Pain moulé
Pain allongé
Musée de l'Agriculture
ancienne du Caire
© A. du Boistesselin

 

Les autres pains conservés au musée d'agriculture du Caire

 

Les pains constituent un monde en soi. Les hiéroglyphes offrent une vaste variété de formes qui ont évolué avec le temps et le mode de cuisson.

Le pain le plus archaïque est celui qui affecte la forme semi-sphérique Pain (le plus archaïque) qui trahit une cuisson sans moule, directement sur la pierre. Représentant le son "t", ce hiéroglyphe, présent dans les plus anciens textes, se retrouve jusqu'à la fin de l'écriture hiéroglyphique.

Un pain appelé à un long avenir est le pain moulé, Pain moulé. On le trouve principalement à l'Ancien Empire. Sa partie basse trahit la forme d'un vase de cuisson en céramique conique. La partie supérieure correspond à la pâte ayant.

Puis viennent les pains allongés : Pain allongé.

D'ordinaire, ce hiéroglyphe désigne une variété, qu'on nomme pain chât , que l'on pourrait traduire "miche de pain".

Un des noms les plus fréquents du pain est justement un composé des trois sortes de miches évoquées précédemment : Pain (un des noms les plus fréquents).

Il existe une série de pains ronds, tels que Pains ronds.

Ce dernier représente un pain plat, plus facile à cuire sur le sole d'un four. L'encoche que l'on voit dans la partie basse est la trace des doigts du boulanger qui manie la pâte.

On voit parfois très distinctement dans certains cas l'empreinte de trois doigts. On a pu remarquer, sur des pains retrouvés dans les tombes, notamment celles de Khâ (Deir el-Médîna, village des ouvriers des tombes royales) de telles marques.

On classe d'ordinaire parmi les pains une sorte de miche oblongue, Miche oblongue, qu'il est bien difficile d'expliquer.

On possède également la tranche de pain archaïque, Tranche de pain (archaïque), employée dans le verbe qui signifie "manger" ( Manger ounem ).

On voit apparaître très fréquemment le pain conique, Pain conique, comme offrande, à tel point qu'il devient le signe même de ce que l'on donne : ce dernier se prononce di  ; dès le Moyen Empire, il se combine au hiéroglyphe du bras, pour former le signe Donner (signe pain + bras).

Le pain Pain conique pourrait être un pain moulé dans un récipient conique.

 

Sydney AUFRERE
UMR 5052 du CNRS
Université Paul Valéry, Montpellier


Bibliographie
R. DRENKHAN, dans I, col. 871, s. v. « Brot » ;
Fr.  DAUMASs , et al ., Valeurs phonétiques des signes hiéroglyphiques d'époque gréco-romaine , Montpellier, 1995, p. 810-817.

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