Présentation et offrandes des épis
dans le domaine funéraire

Si le cycle de la culture des céréales et des moissons figure régulièrement sur les parois de tombes dans le cadre des représentations des travaux et des jours, l'offrande des épis y est peu fréquente.

Porteur d'épis dans la tombe de Nyânkhkhnoum
Porteur d'épis dans la
tombe de Nyânkhkhnoum

© N. Guilhou
Dans les défilés de porteurs d'offrandes de l'Ancien Empire, rares sont les porteurs d'épis.
On en rencontre cependant un certain nombre, dans les tombeaux de Ti, Nyânkhkhnoum et Khnoumhetep, Akhethetep et Khentika. Certains de ces porteurs sont identifiés comme prêtres funéraires, tandis qu'une porteuse d'offrandes est "Celle qui livre la bière de Nyânkhkhnoum". Dans le complexe funéraire royal de Pépy II, il s'agit de personnifications des domaines (féminins en égyptien). Seul le mastaba de Mererouka associe la présentation des épis à la moisson, l'offrande faite au propriétaire de la tombe en étant la conséquence logique. Les bouquets d'épis, qui peuvent être de deux types différents (profil arrondi ou barbes toutes sur la même ligne), sont parfois stylisés jusqu'à en être méconnaissables.

Gerbe avec cailles
Gerbe avec cailles
(TT 226)

Au Nouvel Empire, tandis que disparaissent peu à peu défilés de porteurs et des domaines, même si on continue à en représenter épisodiquement, comme dans le cortège funéraire de Nakhtamon (TT 335, PM I 1 , p. 402, 16), les gerbes de blé continuent à figurer sur la table d'offrande. Avant d'y être déposées, elles sont volontiers associées à des cailles, formant une sorte de bouquet très réussi d'un point de vue esthétique. On les présente aussi à Renenoutet, déesse des moissons, cette offrande associant la symbolique de fertilité du grain à la fête, expression de l'abondance des récoltes, mais aussi du retour périodique, image de la vie éternelle.

Nadine GUILHOU
UMR 5052 du CNRS
Université Paul Valéry, Montpellier


Bibliographie
N. Guilhou , "Présentation et offrandes des épis dans l'Égypte ancienne (I)", dans S.  Aufrère (éd.), Encyclopédie religieuse de l'univers végétal ( ERUV ) I, Orientalia Monspeliensia X, Montpellier, 1999, p. 335-364