Diorama - Scène de labou
Diorama - Scène de labour
Musée agriculture ancienne
© G. Ghersi

Maquette d'araire (-2000 av JC)
Maquette d'araire
Musée agriculture ancienne
© A. du Boistesselin

Scène de labour
Scène de labour
Tombeau de Ti

Maquette d'homme utilisant une houe
Maquette d'homme
utilisant une houe

Musée agriculture ancienne
© A. du Boistesselin

 

Préparation du terrain
et des semailles

" Certes ces gens sont aujourd'hui, de toute l'espèce humaine en Égypte comme ailleurs, ceux qui se donnent le moins de mal pour obtenir leurs récoltes : ils n'ont pas la peine d'ouvrir des sillons à la charrue et de sarcler, ils ignorent tout des autres travaux que la moisson demande ailleurs. Quand le fleuve est venu de lui-même arroser leurs champs et, sa tâche faite, s'est retiré, chacun ensemence sa terre et y lâche ses porcs : en piétinant, les bêtes enfoncent le grain, et l'homme n'a plus qu'à attendre le temps de la moisson, puis, quand ses porcs ont foulé sur l'aire les épis, à entrer son blé ".

Ainsi Hérodote (l'Enquête, II, 14) résume-t-il le cycle du blé, des semailles à la récolte, s'étonnant d'une facilité si étrangère aux conditions de culture que connaît la Grèce, avec ses pauvres terres caillouteuses et arides.

En effet, la préparation du terrain est des plus succinctes. On procède avant l'ensemencement à un labour léger, dont on est dispensé si les semailles ont lieu très rapidement après le retrait des eaux, lorsque la terre est encore très molle et boueuse. Après quoi, les semences sont recouvertes soit à la charrue, soit à la houe, soit par un troupeau de moutons.

Ces diverses moralités expliquent que sur les bas-reliefs, le semeur précède le plus souvent laboureur, piocheur et troupeau : c'est que l'état du terrain n'a pas rendu nécessaire un labour préalable, qui ne se justifie que si les semailles ont lieu un peu plus tard. Le choix de l'un ou l'autre procédé d'enfouissement est fonction de la consistance de la terre : moutons si elle est encore très fangeuse, charrue si elle est un peu plus sèche, houe sur les hautes terres, comme ont pu l'observer, à la fin du XVIIIe siècle, les savants de la Description de l'Égypte.

Tombe de Pahér
La préparation des semailles
Tombe de Pahéri

Un "modèle" de bois de la fin de l'Ancien Empire montre d'ailleurs un paysan brandissant une houe enfoncé jusqu'aux chevilles dans la terre meuble, tout comme l'idéogramme pour "fonder". Les représentations égyptiennes montrent des troupeaux de moutons, appartenant tous à l'espèce à longues cornes, et non des porcs, comme l'écrit Hérodote. L'usage avait dû changer entre l'Ancien Empire et le Ve siècle. La charrue, que l'on connaît à la fois par les représentations, les modèles et des instruments réels, reste très simple. Le soc devait en être le plus souvent en bois. Mais telle quelle, elle devait être suffisamment efficace pour travailler la riche terre alluviale d'Égypte.

Nadine GUILHOU
UMR 5052 du CNRS
Université Paul Valéry, Montpellier

Bibliographie
P. MONTET, Les scènes de la vie privée dans les tombeaux de l'Ancien Empire, Strasbourg, 1925, p. 180-192 et 199-229.
J. VANDIER, Manuel d'archéologie égyptienne VI, Bas-reliefs et peintures, Scènes de la vie agricole à l'Ancien et au Moyen Empire, Paris, 1978, p. 1-57, 80-260 et 264-287.


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