Depuis les années 1990, de nombreuses réalisations en Afrique du Sud, Namibie, Yémen, Chili, Pérou, Canaries et îles de Cap-Vert ont montré la prégnance de récupérer l’eau du brouillard dans les déserts côtiers et les îles voisines. L’eau douce des fleuves et des sources y est rarissime et la ressource souterraine fossile donc non renouvelable. Par contre les brumes fréquentes poussées par les alizés donnent une ressource abondante : les gouttelettes d'eau sont “peignées” par les plantes depuis toujours et par les filets “attrape - brouillard” depuis le début des années 1960.
Les formations de forêts de nuages correspondent à cet étage où les précipitations fines du brouillard permettent leur développement. Leur signature est la forme tordue des arbres des milieux montagnards combinée à la grande quantité d’épiphytes (lichens, lianes, orchidées arboricoles) pendant de leurs branches.
Parmi les forêts tropicales et sub-tropicales, elles sont les pôles de plus grande richesse biologique car se combinent localement un milieu montagnard, la diversité des espèces du monde tropical, de grands ensembles forestiers naturels, une pression humaine qui pendant longtemps fut très faible et un climat très particulier. Toutefois, à la différence de l'eau du brouillard, il ne s’agit pas d’une ressource facilement renouvelable et sa destruction en cours entraîne une grande perte pour la biodiversité mondiale.
En savoir plus :
Eau du brouillard, forêts de nuage et développement durable : les filets de capture d'eau.
Entretien avec Alain Gioda (clip video IRD): http://www.canal.ird.fr/canal.php?url=/programmes/recherches/gioda/index.htm
Gioda A., 2005. Le garoe, arbre fontaine des Canaries, symbole des ressources en eau du brouillard
Illustrations et photographies