La déforestation



Controverses-posters
du 28 avril 2004
à Agropolis Museum

et l'utilisation des bois tropicaux

Par Florence Carpentier, Quentin Hacquard, Pierre Jaouen, Julie Lebeau & Célia Pasquetti (AGRO.M)

avec Jean-Jacques Kelner (AGRO.M)

avec le concours de Alain Karsenty (CIRAD Forêt)


S o m m a i r e 

Introduction

I) - Consommation interne à partir d'une production locale : l'exemple de la forêt amazonienne du Brésil

A) Les acteurs de la déforestation dans le cas de la forêt amazonienne du Brésil

B) Les vecteurs de la déforestation

C) Bilan

II) - La déforestation et l'industrie : le cas de l'Indonésie

A) Début de la déforestation

B) Situation actuelle

C) Bilan

III) - Les alternatives possibles

A) Les réserves naturelles

B) L'écocertification

C) Les plantations, l'agroforesterie

IV) - Conclusion

Glossaire

Références bibliographiques

Annexes

Contacts

Introduction

  La FAO définit une forêt comme un « système écologique couvrant au moins 10% du sol avec des arbres d’au moins 5m de haut, mais n’étant soumis à aucune pratique agricole. ». Mais la déforestation en zone tropicale est un point sensible pour la plupart des occidentaux: nous avons « une vision extrêmement romantique de la forêt ». [1]

Pour le consommateur, l’utilisation des bois tropicaux est associée au commerce des meubles en bois « rares ». Cependant, il ne faut pas oublier que le bois est surtout une matière première pour l’industrie - par exemple papetière – et une ressource énergétique importante. Cet aspect ne peut être négligé dans des pays en développement.

La situation paraît grave : depuis 1950, près de la moitié des forêts tropicales a été détruite. Le rythme de déforestation s’accélère et atteind aujourd'hui entre 75 000 et 200 000 km2/an. Seules les forêts tropicales déclarées zones protégées et mises en réserves naturelles ou restées inaccessibles demeureront encore indemnes en 2020. Cependant en 2070, les forêts tropicales intactes auront définitivement disparu.[2]

L’avenir et l’utilisation de la forêt partagent les pays du Nord et du Sud, les partisans de la conservation et ceux du développement, les ONG environnementales et secteur privé…C’est ainsi que l’on peut comprendre la phrase de ce représentant de la Banque mondiale:”La sylviculture, c’est 1% des prêts et 90% des maux de tête” .[3]

Ce constat se place aujourd’hui dans un contexte socio-écologique nouveau : le réchauffement climatique et le traité de Kyoto, les articles alarmistes comme celui de Frédéric Durand, Francis Hallé et Nicolas Hulot sur la disparition inexorable des forêts primaires tropicales humides. [4]

Il paraît alors nécessaire de se pencher sur l’exploitation de bois tropicaux pour analyser les causes de la déforestation. Nous allons dans un premier temps aborder ses causes non industrielles puis industrielles en analysant leur poids relatif puis dans un dernier temps nous réfléchirons sur différentes alternatives proposées.

La carte ci-dessous montre que les situations sont variables selon les pays mais globalement, les exportations ne représentent qu’une faible part du commerce des bois tropicaux.[5][6].

1998 Valeurs et commerce de grumes tropicales
I - Consommation interne à partir d'une production locale :
l'exemple de la forêt amazonienne du Brésil

Parler de la forêt tropicale Amazonienne n’est pas anodin: plus grande forêt tropicale restante, elle a la taille de l’Europe de l’Ouest (3,7 millions de km2) et représente le tiers des forêts tropicales mondiales. Si l’on en croit les photos satellites, 25476 km 2 de forêt ont disparu entre août 2001 et août 2002, soit 40% de plus que l’année précédente, rapporte O Globo.[7]

A) Les acteurs de la déforestation dans le cas de la forêt amazonienne du Brésil
50% de la consommation mondiale de bois est due à son utilisation comme source d'énergie. 80% de la production de bois au Brésil est consommée sur le marché interne, ce n’est donc pas la consommation de bois d'oeuvre par les Européens qui détruit la forêt vierge. Quelles sont alors les raisons principales de la déforestation?

Les premiers accusés: les locaux
Le bois est pour les locaux une source d'énergie abondante et gratuite. Il sert souvent de bois de chauffage. Mais ce n'est pas la principale cause de déforestation. En effet, entretenir le foyer est un travail ménager, souvent accompli dans ces pays par des femmes. Or celles-ci n'ont pas la force d'abattre un arbre pour alimenter leur feu. Elles vont donc se servir de bois déjà mort dans la forêt (branches cassées) ou sur des friches d'exploitation forestière. Elles n'endommagent pas la forêt.

En revanche, les agriculteurs sont responsables de la déforestation, car il y a un problème de manque de terre au Brésil comme dans de nombreux pays (mouvement des “sans terre”): c’est un moyen d’acquérir de la terre et il est toujours plus rentable d’exploiter une terre en agricultue qu’en foresterie.

Ainsi, la recherche d'une source d'énergie combinée à la forte pression démographique sont les éléments qui expliqueraient les grands défrichements bresiliens.

Cependant, on note que les terres gagnées sur la forêt sont au Nord. Or les terres interressantes à cultiver au Brésil sont au Sud. Les populations migrent au Nord car on leur cède des parcelles. Cette migration est favorisée par le gouvernement.

Le facteur politique :
Certes, le Brésil connait une forte croissance démographique, mais le problème est tout autant politico-économique. En effet, il y a assez de terres pour tous mais elles sont mal réparties: de grandes aziendas les possèdent au détriment du reste de la population et ces grandes exploitations industrielles sont insensibles aux réformes agraires.

De plus, depuis plus de 30 ans, sous l'égide d'un Institut de la colonisation et de la réforme agraire (IRCRA), le gouvernement mène une politique volontariste de défrichement (1 à 3 millions d'hectares disparaissent tous les ans). Il a mis en place le programme Avanca Brazil: une politique de grands travaux aux dépends de la forêt. Ainsi, la transamazonienne et ses transversales transpercent la forêt et de grands barrages sont mis en place. L'argument est simple et juste: le Brésil a besoin de ces espaces pour se développer. Tout le long des routes fédérales, le gouvernement attribue des lots de 100 ha pour résoudre le problème de la pression démographique. Cependant le front pionier est constitué d'hommes de peu d'expérience et de peu de ressources. Ils sont alors de véritables dangers pour la forêt : quand la culture traditionnelle sur brulis avec jachère est respectée, la forêt a le temps de se régénérer et les terres sont rentables. En revanche, avec les méthodes « modernes » la population ne s'accorde pas avec la forêt: les rotations sont trop courtes, les surfaces déboisées trop grandes, les parcelles trop rapprochées et les feux de brûlis mal maitrisés. La forêt se renouvelle mal pendant les jachères. De nombreux arbres sont détruits, induisant une perte inquiétante de biodiversité. Mais sutout, les sols s’épuisent et deviennent inexploitables. Deux avenirs sont possibles pour le pionnier. Soit, il parvient à ne pas s'endetter et réussit un élevage bovin ( le Brésil est le troisième exportateur mondial), ce qui est tout à fait possible. Dans ce cas, plus il fera du bénéfice, plus il défrichera pour augmenter son capital. Soit, il fait faillite car l'élevage bovin est plus rentable au Sud et les grandes faziendeiros rachetent les terres. Cela explique pourquoi la petite agriculture familliale n'est pas si développée dans ces régions. On assiste alors un renforcement du pouvoir des grandes firmes et une accentuation de la mauvaise répartition des terres au Brésil. De plus les aziendas entreprennent un déboisement à très grande échelle. Dans les deux cas, la déforestation est effrénée.

Le gouvernement cherche aussi à favoriser les industries minières (étain, cuivre, or, bauxite, cobalt, charbon, minerai de fer, pétrol, gaz naturel). Celles-ci défrichent aussi beaucoup et polluent avec leurs effluents (mercure…).

On note aussi que le combat des Sérigueros, autochtones de la forêt soutenus par Greenpeace, n’est pas pris en compte. Ceux ci recueillent le caoutchouc, les noix, le lacai, la pupuha, le babaçu, concassent des noix de coco, partcipent à des projets de foresterie intelligente. Pourtant le gouvernement n’accède pas à leur demande d’obtention de territoires. Cependant, leurs conditions de vie sont souvent précaires et leurs projets, interressants, sont peu viables économiquement.

Ainsi le gouvernement cherche à exploiter le potentiel de la forêt sans se préocuper outre-mesure des dégâts causés. Ils optent pour une solution à court terme: exploiter intensement la forêt. Mais celle-ci est peut-être nécessaire pour assurer le développement économique du pays et l’importation de devises pour le remboursement des dettes.

B) Les vecteurs de la déforestation
La déforestation dans cette région est essentiellement faite par les populations. Alors pourquoi les exploitants forestiers sont-ils souvent montrés du doigt lorsque l'on parle de déforestation? En réalité, même si peu de bois est prélevé pour être exporté comparé à la déforestation globale, l'exploitation forestière est néfaste car elle facilite la pénétration des populations dans la forêt grâce aux chemins d’exploitation et accélère la déforestation[8] [9]. De plus, elle fragilise la forêt: même si une forêt se met en place après une exploitation, elle est bien plus vulnérable. En effet, une forêt primaire est tellement dense qu'elle ne brûle que très difficilement. En revanche, après une exploitation, la forêt secondaire est beaucoup moins dense et beaucoup plus sensible aux risques d'incendies.

Ainsi, les exploitants ne sont pas la cause majeure de la déforestation mais ils la favorisent grandement.

C) Bilan
En Amazonie brésilienne, la déforestation est de grande ampleur et il fort probable qu'il ne reste bientôt plus grand chose de la forêt primaire. Il est difficile pour le gouvernement d’accorder le développement du pays, le bien-être du peuple et les soucis écologiques. Il a fait le choix d’inciter les populations et les industries à gagner du terrain sur la forêt aux dépends de son extraordinaire biodiversité.A ce stade, les industries forestières ne sont pas à l’origine des plus gros dégats. Mais voyons ce qu’il en est en Indonésie.
II - La déforestation et l'industrie : le cas de l'Indonésie

Nous avons choisi de nous intéresser au cas de l’Indonésie où la déforestation est des plus importantes. Les forêts primaires de cette région sont détruites pour être remplacées par des zones de plantations. La situation géographique est présentée sur la carte ci-dessous:

figure 2: les îles du Sud-Est asiatique
figure 2: les îles du Sud-Est asiatique ( source: http://denali-sud.chez.tiscali.fr/annexe/INDONESIE.htm)

Présentation
Le secteur que nous avons étudié se situe sur la péninsule ouest de Kalimantan, une île au nord de Java où vivent une population de locaux, les Dayaks et de migrants venant de l’île de Java. Ces derniers sont concentrés dans des centres de transmigration, petites villes dont le développement repose sur des cultures vivrières ou pérennes. Cette situation résulte de la politique gouvernementale de décongestion des îles surpeuplées, phénomène qui a atteint son apogée dans le milieu des années 1980.

A) Début de la déforestation
La principale culture de cette région était durant cette période la culture d’hévéa. La terre était abondante et un moyen simple d’en acquérir était de planter des arbres (des hévéas). En effet, 74% de la terre est sous contrôle de l’état (la plupart sous forme de forêt). Or le gouvernement reconnaît le droit coutumier des îles extérieures tant qu’il n’est pas contraire aux intérêts de l’état. Les petits planteurs ont donc exploité les terres avec des plantations hévéicoles. Elles couvrent 463000 ha dans la province, 97,2% sont des agroforêts à hévéa (jungle rubber).

Les petits planteurs ont, par leur action, contribué à la déforestation de la région par la destruction de la forêt primaire. Cependant, celle-ci a été limitée, progressive et étalée sur plus d’un siècle car condotionnée par l’arrivée des trans-migrants.

On peut considérer que la déforestation due à ce phénomène n’est pas très importante d’autant plus que les plantations de jungle rubber sont des agro-forêts complexes dont la biodiversité est comparable à celle des forêts secondaires. Il y a donc peu de surface déboisée et peu de perte de biodiversité.

B) Situation actuelle
La forêt primaire est une richesse pour l’Indonésie et compte tenu de son potentiel forestier très important, le gouvernement avait prévu une large expansion des zones forestières et une politique de concessions importante. Les anciennes exploitations avaient un statut de ‘forêt de production’ et devaient être maintenues en l’état pendant 30 ans afin d’assurer la régénération des arbres. En revanche, les nouvelles concessions qui devaient être attribuées avaient un statut de ‘forêt de conversion’ permettant la plantation.

On a alors assisté à de nombreux feux incontrôlés sur des centaines de milliers d’hectares, en particulier sur les terrains ayant le statut ‘forêt de production’. Ces feux ont été favorisés par les phénomènes climatiques comme El Niño qui créaient une sécheresse importante dans le pays.
Les terres brûlées étaient alors rattachées aux forêts de conversion et données par l’état à des sociétés de plantation généralement asiatiques. Les

acacia mangium
Figure 3: plantation d’Acacia mangium
(source : www.tuat.ac.jp/~tropical/agroforestry/report20.htm)

cultures se transformèrent alors, et on vit l’apparition de plantations de palmiers à huile et d’Acacia mangium.

Cette politique était très attirante pour l’Indonésie. En effet, les nouvelles cultures étaient très rémunératrices. L’Acacia mangium sert de matière première pour la pâte à papier. C’est un arbre à croissance rapide qui correspond bien aux exigences du marché car il permet de répondre aux demandes croissantes de celui-ci.

Le palmier à huile est encore plus rémunérateur : son industrie a joué un rôle majeur sur le marché international des huiles et des matières grasses. La demande au niveau de l’huile de palme a augmenté de 8,7% par an depuis 1995.

 

 

Palmier à huile
Figure 4: un palmier à huile (source:
http://museum.agropolis.fr/pages/expos/aliments
/matieres_grasses/images/palmierahuile.htm
)

Le palmier à huile est devenu la deuxième exportation en valeur du pays, devant l’hévéa et derrière les produits pétroliers. Il est considéré comme un moyen moderne de développement, source d’emplois directs et indirects pour les provinces extérieures.

En 15 ans, les surfaces plantées en palmiers à huile sont passées de 500 000 ha à 2 634 000 ha et plus de 2/3 sont des plantations industrielles. De plus, même chez les petits planteurs, le palmier à huile tend à prendre le pas sur les cultures traditionnelles et en particulier l’hévéa. Les paysans bénéficient parfois de crédits fournis par les sociétés de plantation. L’hévéa n’est plus replanté et les agroforêts ont tendance à disparaître au profit de plantations clonales intensives.

Pourtant, l’hévéa est aussi rentable à l’hectare que le palmier à huile. Mais la productivité du palmier est plus importante, l’argent est avancé par les sociétés de plantation et surtout, la période d’immaturité du palmier à huile est de 3 ans (beaucoup plus courte que celle de l’hévéa).

En 15 ans, les surfaces plantées en palmiers à huile sont passées de 500 000 ha à 2 634 000 ha et plus de 2/3 sont des plantations industrielles. De plus, même chez les petits planteurs, le palmier à huile tend à prendre le pas sur les cultures traditionnelles et en particulier l’hévéa. Les paysans bénéficient parfois de crédits fournis par les sociétés de plantation. L’hévéa n’est plus replanté et les agroforêts ont tendance à disparaître au profit de plantations clonales intensives.

Pourtant, l’hévéa est aussi rentable à l’hectare que le palmier à huile. Mais la productivité du palmier est plus importante, l’argent est avancé par les sociétés de plantation et surtout, la période d’immaturité du palmier à huile est de 3 ans (beaucoup plus courte que celle de l’hévéa).

C) Bilan
Au final, nous pouvons constater que la déforestation est essentiellement due dans cette région à une augmentation des surfaces plantées dédiées à une exploitation massive. Les terres acquises l’ont souvent été aux dépens de la forêt primaire qui a été brûlée. Les firmes forestières ont fait le choix d’une spécialisation de production (palmier à huile et Acacia mangium), diminuant la biodiversité. Ce schéma a été favorisé par la politique gouvernementale indonésienne et par les marchés mondiaux qui rendent ces cultures attrayantes.

III - Les alternatives possibles

La solution pour faire cohabiter les Hommes et la forêt réside dans une gestion durable de celle-ci, exploiter la forêt tout en gardant la possibilité d’une utilisation future. Préserver est réellement un enjeu majeur car ces forêts sont d’ immenses réserves de biodiversité qu'il serait dommage de détruire avant d'en connaître toutes les possibilités. On estime que la forêt tropicale contient 30 000 espèces. C’est un énorme potentiel de découverte de nouvelles molécules, qui pourraient avoir, par exemple, des vertues thérapeutiques. De plus, ces forêts sont des réserves de carbonne. Il serait alors dangereux de les faire disparaître pour les convertir en champs: les problèmes d’augmentation de l’effet de serre seraient gravement accentués.

Les organisations non gouvernementales (ONG) [10] écologiques proposent diverses solutions souvent données comme miracles alors que le problème est assez complèxe. Cependant, elles servent de gardes-fous pendant que la recherche améliore les divers possibles.

A) Les réserves naturelles
Une des solutions envisageables est la conservation. «On fixe un certain pourcentage de forêts qui doit être conservé. C'est la politique de la banque mondiale et du WWF qui ont passé une alliance. ». [1]

A ce propos, les experts du CIFOR (Center for International forestry research) ont fait une proposition assez intéressante : "on ne va pas pouvoir tout conserver parce que les pays n'ont pas les possibilités de mettre en œuvre une politique de conservation qui suppose des gardes-chasses et une infrastructure qu'ils n'ont pas. Alors, identifions un certain nombre de massifs forestiers particulièrement beaux, importants pour leur biodiversité et faisons-en des patrimoines de l'Unesco." . Les réserves sont un rempart contre la disparition des forêts primaire, elles permettent de garder en état tout un patrimoine qu’il serait dommage de détruire avant de l’avoir étudié.

« Mais pour cela, il faut que la communauté internationale se donne les moyens de préserver ces joyaux. ». [1] En effet, la protection de la forêt est extrêmement onéreuse. M. RODA l'estimait à l'equivalent de la moitier du salaire de tous les Français ! Sous la pression de lobbies, les Etats-Unis appliquent ce type de politique : ils payent pour mettre la forêt « sous cloche », et cela fonctionne. Ainsi au Gabon, de nombreux parcs ont été mis en place. Par contre les organisations comme le Fonds Mondial pour l'Environnement des Nations Unies, ou le Fonds Français pour l'Environnement Mondial n’ont qu’une portée très limitée car peu de moyens leurs sont attribués.

Ainsi les réserves naturelles semblent être une bonne solution. Cependant elle requiert beaucoup d’investissements. Il faut apporter aux populations l’équivalent des biens qu’elles auraient si elles exploitaient la forêt. En effet, comme l’a dit Théodore Roosevelt : « La conservation signifie le développement autant que la préservation ». [10] Ainsi, les pays du Nord devraient participer aux frais de la conservation d’un patrimoine mondial.

B) L'écocertification
Le principe de la certification [11] [12]

La notion de certification émerge en même temps que l’application à la forêt du concept de gestion durable. Elle résulte d’une évolution des organisations environnementales qui après avoir prôné le boycott des bois tropicaux, acceptent désormais de tolérer une commercialisation des bois sous réserve que l’on puisse prouver qu’ils sont issus d’une forêt gérée durablement. C’est une démarche volontaire.
Le principe de certification est le suivant :

Principe de certification

 

Nature des forêts certifiées sous le label FSC

Figure 5: nature des forêts certifiées sous le label FSC [13]

L’écocertification est-elle une solution viable ?
Aujourd’hui, la plupart des forêts certifiées sont situées dans l’hémisphère Nord. Cela s’explique par le coût de la certification[5] : contrairement à ce qui est annoncé par les organismes comme le Forest Stewardship Council (0.5$/ha), le prix peut aller jusqu’à 8$/ha. Même si cet investissement est amorti sur une vingtaine d’années, le prix de l'adhésion et du contrôle doit être payer immédiatement.

Par ailleurs se pose aussi un problème politique : dans certains de ces pays, les concessions d’exploitation sont accordées par le gouvernement. Or l’instabilité politique peut tout remettre en cause du jour au lendemain (d’où le refus du FSC de certifier des forêts africaines). On peut ainsi comprendre que certains préfèrent exploiter de manière intensive une forêt sur une courte période plutôt que d’échafauder des plans de gestion sur des dizaines d’années.

De plus, l’écocertification ne concerne que la gestion de la forêt et non la coupe du bois. Pour des exploitations certifiées, les pertes en matière première peuvent atteindre 70%, alors que des petits producteurs, non certifiés, gèrent mieux cet aspect. [13]

L’efficacité de cette démarche face à la déforestation reste marginale[1]. Cette faible incidence sur l’exploitation commerciale s’explique par la faible part de l’export dans ce commerce. Par ailleurs, les principaux destinataires des bois ou grumes sont le Japon et la Chine (qui s’installent de plus en plus en Afrique), tous deux loin d’accorder une grande importance à la conservation des forêts[14]. Face à ce constat, les consommateurs peuvent se demander en quoi le fait d’acheter un meuble certifié peut-il aider à lutter contre la déforestation[15]. Force est de constater, qu’ils sont assez impuissants face à cela. Cependant, il faut noter que le boycott qui précédait n’aurait fait qu’aggraver la situation. En effet, il serait devenu un frein pour le développement de ces pays et aurait inciter le commerce illégal des essences tropicales.

L’écocertification est devenu un « enjeu de façade » jouant sur un mythe collectif -annexe n°1-, un argument commercial pour les firmes forestières et les ONG (vente de leurs labels). Or, l’écocertification représente un des seuls moyens pour les états importateurs de participer à la protection de la forêt. L’inefficacité de l’écocertification s’explique par la prépondérance des échanges Sud-Sud dans le commerce du bois (à l’intérieur d’un pays et entre les pays). C’est pour cela que l’action des pays développés n’est pas efficace et peut s’apparenter à une forme de néocolonialisme (s’immiscer dans la gestion des autres pays).

Toutefois « la certification fait évoluer les mentalités ». [1]

C) Les plantations, l'agroforesterie
La gestion durable et ses limites
Une autre solution envisageable est de développer la gestion durable pour les forêts tropicales, c’est à dire de mettre en place un aménagement forestier qui pourrait concilier à la fois des objectifs économiques environnementaux et sociaux. Un tel aménagement constituerait ainsi une protection contre une conversion de la forêt vers des usages alternatifs, comme l’exploitation agricole intensive (ou classique). Mais il se heurte à de nombreux problèmes. Les entreprises locales ne sont pas le plus souvent adaptées à une gestion durable de la forêt : trop grandes, elles ne sont compétitives que pour une exploitation intensive de la forêt (Putz et al.2000). La diminution éventuelle de ces infrastructures n’est pas sans conséquence pour les populations locales. La gestion durable d’une exploitation nécessite une planification et un investissement à long terme que l’instabilité politique de certains pays rend impossibles. Des plans d’aménagement sont encore à créer notamment pour les forêts secondaires. La gestion durable des forêts tropicales est encore à élaborer et nécessite de nombreuses recherches afin de concilier réellement les attentes écologiques, sociales et économiques (J. Valeix et al.2003).

Mais l’aménagement de la forêt doit surtout faire face à un véritable scepticisme qui le met en péril. En effet, la forêt si elle permet aux populations locales de survivre, aurait un potentiel limité à sortir les gens de la pauvreté (Wunder, 2000). C’est pourquoi une conversion économique plus rentable de la forêt semble inéluctable à cause de la pression démographique et du désir des populations locales d’améliorer leur condition de vie. Néanmoins on peut penser que le potentiel économique de la forêt, et par conséquent l’intérêt de son aménagement, est sous-estimé car on ne considère que le bois d’œuvre et on néglige des produits ou services qui possèdent aussi une valeur marchande comme les produits forestiers non ligneux, la séquestration de carbone, la régulation hydrique, les ressources génétiques… Pourtant la valeur économique de tous ces produits pourraient dépasser celle du bois (Bertrand et al. , 1999 abc). On peut notamment imaginer que la capacité d’une forêt à stocker du carbone (qui varie suivant son mode de gestion) va au fil des ans prendre une importance considérable.

Pour protéger les forêts, on peut aussi envisager les plantations forestières. En effet celles-ci pourraient diminuer la pression sur les écosystèmes forestiers naturels par l’offre de produits forestiers. Par exemple à Antanarivo (Madagascar), les plantations d’eucalyptus fournissent le bois de chauffage. Des plantations bien gérées permettent d’obtenir du bois d’œuvre rapidement (dès 3 ans pour le tek [annexe 2]). De plus, afin de faire face à la pression démographique et au manque de terre, on peut « intensifier » une plantation forestière en pratiquant des systèmes combinés : l’agroforesterie. Entre les rangées d’arbres, on peut planter des cultures saisonnières (le plus souvent vivrières : haricot…), ce qui permet d’obtenir des produits dès les premières années et compense ainsi l’investissement de la plantation, avant les premières coupes. Ces plantations pourraient aussi contribuer à la lutte contre l’érosion, au maintien de la biodiversité voire à son augmentation. Elles auraient aussi des impacts positifs sur le plan économique : diversification des revenus, fourniture de produits à usage familial ou pour le marché local, régional ou d’exportation, et sur le plan social : sécurisation du foncier, stabilisation des familles, créations d’emplois, ce qui permettrait de limiter les migrations « rural-urbain » (B. Locatelli et al. , 2003).

Cependant on ne peut pas nier que les objectifs de maximisation économiques et ceux de protection de l’environnement sont contradictoires. Toutes les conditions pour favoriser ces plantations ne sont pas réunies. Il faudrait un marché favorable (produits, contraintes, incitations à la certification), un contexte propice aux plantations pérennes (viabilité sociale, stabilité politique), ainsi que la mise en place de nouvelles formes de valorisation (payement pour services environnementaux). Pour assurer la durabilité de ces plantations, de nouveaux outils restent encore à définir notamment des indicateurs et des critères évaluant l’impact d’une plantation sur le développement durable. En effet, la mise en place d’une certification n’est pas toujours effectuée.

Les plantations sembleraient donc être une solution contre la déforestation. Pourtant elles sont aussi vivement critiquées. On les accuse d’être à l’origine d’une perte de biodiversité, de surconsommation d’eau ou de sa contamination par des intrants, de la baisse de fertilité voire de la stérilisation des sols ainsi que d’une augmentation de leur sensibilité aux crues et à l’érosion découlant des coupes rases et de l’uniformité des peuplements. Les plantations pourraient aussi être à l’origine d’endettements : les petits producteurs investissent sans garantie de prix de vente rémunérateur. Quant aux Etats ayant investi dans de grandes plantations, ils sont contraints de rembourser leurs dettes à partir d’autres ressources par manque de rentabilité des plantations. Ces critiques concernent particulièrement de grandes plantations réalisées par des structures étatiques (plantations de teck en Indonésie) ou par des sociétés privées (plantations d’eucalyptus au Brésil, d’Acacia mangium en Indonésie pour la pâte).

Les situations et les choix des acteurs sont divers, c’est pourquoi dans le monde les plantations sont toujours différentes. On ne peut critiquer ou affirmer leur impact positif d’un point de vue général. On peut néanmoins relever les chiffres de la FAO (2000) : la superficie des plantations représente environ 100 millions d’hectares (trois millions d’hectares supplémentaires chaque année) ; la moitié de ces plantations est réalisée sur des terrains forestiers (NB : le temps séparant la déforestation et la plantation n’est pas mentionné ainsi que l’utilisation des sols pendant ce temps). La disparition de la forêt peut être, dans certains cas, liée à la mise en place des plantations effectuées sans négociations préalables avec les populations locales : elles ont entraîné conflits, feux ou coupes illégales. Mais les plantations s’inscrivent parfois simplement à la fin d’un processus de déboisement sans en être le moteur.

Ainsi, les plantations peuvent être des solutions contre la déforestation (production de bois non issue des forêts) comme des vecteurs de leur destruction (défrichage pour prendre des terres).
Conclusion

La déforestation peut sembler inéluctable face à l’augmentation de la population mondiale et nécessaire au développement économique des pays du Sud. De plus, certains pays (comme par exemple le Japon et la Chine) n’hésitent pas à surexploiter de manière irresponsable les forêts tropicales. Par ailleurs les solutions pour lutter contre la déforestation proposées semblent incomplètes : l’écocertification ne concernent pas les mouvements commerciaux Sud-Sud, i.e. 80% des échanges de bois tropicaux, la gestion durable des forêts ou les plantations apparaissent comme économiquement moins intéressantes pour les opérateurs privés que l’exploitation « sauvage ». Cependant, même si la situation semble perdue, il serait dommage de renoncer d’essayer de sauvegarder un tel patrimoine, ne serait ce qu’en partie. Les solutions durables nécessitent encore de nouvelles recherches (amélioration et optimisation des systèmes permettant la rentabilité des solutions proposées), mais surtout l’appui et la concertation de tous les acteurs concernés : groupes industriels, bailleurs de fonds, Etats et société civile.

Le problème de la déforestation illustre les conséquences de la mondialisation et les situations politico-économiques des pays en développement. En effet, de manière schématique, l’instabilité politique entraîne des difficultés économiques qui nécessitent un développement rapide. Cela met entre autre en péril la forêt, ce qui compromet l’avenir des exploitations forestières. Ainsi, la protection de la forêt ne peut pas aller sans un contexte politique plus sain. Et puis il ne faut pas oublier que le développement de l’Europe s’est traduit pas la destruction de toutes les forêt primaires. L’un et l’autre seraient-ils inextricablement liés ?
Glossaire

Agroforesterie : “ Terme collectif pour des systèmes et des techniques d'utilisation des terres où des ligneux pérennes ( arbres, arbustes, arbrisseaux et sous-arbrisseaux, et par assimilation palmiers et bambous) sont cultivés ou maintenus délibérément sur des terrains utilisés par ailleurs pour la culture et/ou l'élevage, dans un arrangement spatial ou temporel, et où sont exploitées des interactions à la fois écologiques et économiques, pas forcément stables dans le temps, entre les ligneux et les autres composantes du système. On pourrait dire plus simplement que l'agroforesterie est l'introduction et le maintien de l'arbre dans un système agricole.” ( Baumer 1987)

Grume : “Tout bois à l’état brut,qu’il soit ou non dépouillé de son écorce ou de son aubier,destiné à être transformé notamment en sciage, bois à pâte ou placage”. (définition du code hs)

Forêt: “Ecosystème où la densité minimale du couvert d’arbres et/ou de bamabous est de 10%, généralement associés à une flore et une faune sauvages et à des sols à l’état naturel, qui ne font l’objet d’utilisation agricole”.(Janz ; FAO, 1193)

Forêt primaire  :  “première forêt naturelle relativement intacte et généralement non modifiée par l'activité de l'homme au cours des 60 - 80 dernières années” (www.encyclopedie-universelle.com)

Forêt secondaire : “Forêt ayant été soumise à un cycle de culture itinérante aux incidences faibles ou à des abattages d'intensité différente, tout en ayant conservé des arbrisseaux et des essences indigènes”.(www.encyclopedie-universelle.com)
Références bibliographiques
  • [1]www.boisforet-info.com/bfi2/pge_inter_list.asp: Les enjeux des forêts tropicales sur la scèneinternationale 16 janvier 2002
  • [2] http://sfa.univ-poitiers.fr/commedia/MSTgeot99/deforest/synthese.html
  • [3] A Folha de São Paulo, 2003. Ces routes qui menacent l’Amazonie.Courrier Intenational du 30-03-99, Numéro 491
  • [4] DURAND Frédéric, HALLE Francis et HULOT Nicolas, 2003. Forêts tropicales: c’est fichu. le Monde 2 de décembre 2003
  • [5] www.ctba.fr/2-information/publication/ctba%20info%2094.pdf Georges-Henri Florentin et Frédéric Wielezynski
  • [6] C. Sales, 1999. Le commerce international des bois tropicaux est-il l'une des causes de la déforestation en zone tropicale?Bois et forêts des tropiques n°260. 83p.
  • [7] Ardea Nick Gordon (extraits de The economist), 1999. Sauver la forêt amazonienne, mission impossible?Courrier Intenational du 07-05-2003, Numéro 653
  • [8] Lia Vasconcelos de São Paulo, 2003. Valoriser l’Amazonie sans la détruire Courrier Intenational du 01-08-2003, Numéro 665-666-667
  • [9] Galileu, 2001. De nouvelles routes saigneront le cœur de la forêt. Courrier Intenational du 19-07-01, Numéro 559
  • [10] www.unesco.org/courier/2000_05/fr/doss31.htm
  • [11] ARONDEL Emeline, BOURGADE Emilie, GHESQUIER Philippe, PERAGALLO Sophie, 2003. La gestion durable des forêts et l'écocertification. Rapport de module optionnel "L'arbre: exploitation et utilisation en milieu tempéré ou tropical." AGRO Montpellier. 30p.
  • [12] rapport AFOCEL
  • [13] Jean-Marc Roda, 2001. Ecocertification tropicale et idées préconçues. Bois et forêts de tropiques n°270. 110 p.
  • [14] Marie-Claude SMOUTS, 2001. Forêts tropicales, jungle internationale, le revers d'une écopolitique mondiale. Presses de sciences politiques(septembre 2001). 325p.
  • [15] guide du consommateur du bois “ACHETER MAIS PROTEGER” des Amis de la Terre (www.amisdelaterre.org)

Autres sources:

Annexes

Annexe 1: interview de M RODA

-« que représente pour vous l’écocertification ? 

-Ce n’est qu’un enjeu de façade, un problème de lutte de pouvoir entre organisations dont les ONG, par l’intermédiaire des quelles les citoyens exercent une certaine pression. L’écocertification est devenu un argument commercial pour les ONG qui jouent sur un mythe et un imaginaire collectif. et le manche d’action est parfois peu en rapport avec la réalité. Elle ne peut s’appliquer que sur le papier.

-que pensez-vous l’article paru dans le Monde ?

-Ce discours alarmiste est aussi un argument publicitaire. En effet, l’industrie forestière n’est la cause que de 4 à 6% de la déforestation. De même, l’agriculture de subsidence ne représente qu’une infime partie. Mais de toute façon, dans les endroits où la pression démographique est forte, les forêts primaires sont vouées à disparaître…

Empêcher ces pays de se développer comme ils le veulent, c’est aussi une manière de les maintenir

sous domination. La question est aussi la suivante : un pays a t-il le droit de se développer au dépens du bien être de tous ?

-Est ce que cela veut dire qu’exploiter du bois n’est plus rentable ?

-Le bois est moins rentable que le palmier à huile. Le problème est que l’exploitation forestière nécessite un gros investissement pour un moindre rendement. Si elle rapporte 600$/m 3 et que la marge financière est de 15%, c’est le Pérou! (pour la coupe à blanc, elle est de 20%). Par contre, mettre le feu et planter coûte moins cher et donne un rendement bien meilleur. aujourd’hui, l’industrie prend des concessions et plante des palmiers. ce sont les petites entreprises familiales qui en ont souffert.  

-Comment expliquer que l’écocertification ait peu de succès dans ces pays ?

- Un des problèmes est l’instabilité institutionnelle. C’est la raison pour laquelle le FSC refuse de certifier en Afrique centrale. Un autre exemple, la Chine achète tous les bois mais moins cher et paye même à l’avance. Et certains préfèrent leur vendre leur bois plutôt que de traiter avec les Européens ou les Américains. Il faudrait payer les produits issus de la certification beaucoup plus cher.

-Cependant, le principe de l’écocertification est quand même bon, non ?

- L’écocertification présente quand même des ambiguïtés. Par exemple, le FSC certifie des forêts d’eucalyptus replantées. Le contrôle des bois coupés n’est pas maîtrisé : soit ils sont vraiment naïfs soit ils se voilent la face. Par ailleurs, les critères pour être certifié sont ridicules. Mais il faut payer (8$/ha).

-On ne peut alors rien faire pour empêcher la déforestation ?

-Il est vrai qu’en Europe, il n’y a pas vraiment de moyen d’action. Et les formes d’action peuvent s’apparenter à de la néo-colonisation. L’Amérique paye pour mettre le forêt sous cloche ; c’est peut-être à terme ce qui sauvegardera la forêt. Mais au CIRAD, nous pensons qu’il faut plutôt faire cohabiter l’Homme et la forêt. La forêt doit aussi rester rentable. Les gisements de progrès résident dans l’organisation industrielle, le rendement matière. Finalement, l’écocertification est rentable lorsqu’il n’y a pas d’autochtone ou lorsque l’exploitant est sûr de garder sa concession quelle que soit la situation politique.

Annexe 2: Interview de M Monteuuis, chercheur au Cirad au département forêts et plantation

« Quels sont les problèmes de biodiversité qu’entraînent la déforestation ?

- La forêt secondaire est constituée d’espèces héliophiles contrairement aux espèces primaires.

-Quelles sont selon vous les causes de la déforestation selon vous ?

-La forêt primaire est exploitée par les industriels pour le bois précieux comme l’Aguatis (un conifère), très peu pour la pâte à papier. Le problème est le prix est fixé par un barème forfaitaire au m 3 quelle que soit l’espèce.

-Pourquoi n’est-elle pas utilisée pour le papier ?

- Le papier est issu d’espèces à croissance rapide comme l’Acacia ou l’Eucalyptus.

-Qui dirige ces « logging compagnies » ?

-Ce sont de plus en plus les Chinois.

-comment réduire leur impact ?

-On peut par exemple déterminer l’orientation de l’abattage tel que l’arbre tombe avec un angle d’incidence de 30° par rapport à la route. On peut aussi couper les lianes avant pour isoler l’arbre et ne pas en entraîner d’autres.

-Quelles sont les solutions à la déforestation ?

- Pour ma part, je promouvoie les plantations.

-Quelle est en suite la destination de ces bois ?

-Tout d’abord la trituration : la pâte à papier. Ensuite, le bois d’œuvre comme le teck. Dans ce domaine des clones à croissance plus rapide ont été sélectionnés (20 ans au lieu de 80). La sélection s’est aussi opérée sur dans clones sans cannelure, à fût long.

-Existe-t-il autre chose que la plantation ?

-Oui, l’agroforesterie. L’exploitation du bois est associée à l’ananas, la fève, la papaye…C’est une solution qui concerne plus la population locale. De plus, l’agroforesterie peut se gérer dans le temps et elle s’intègre tout à fait dans l’orientation extensive des systèmes ».
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