1 milliard de personnes



Table-ronde
du 17 juin 2005
à Agropolis Museum

touchées par la désertification
Que font les ONG et les scientifiques ?

par Emmanuel Ball (Solidarité Tiers-Monde)
Jean Paul Chassany (économiste AGRO.M)
Alain Catherine (agroécologiste CARI)
Alexandre Ickowicz (agropastoraliste CIRAD)
 

L'agroécologie dans la lutte contre la désertification

Par Alain Catherine (agroécologiste CARI)

Une action de l'ONG CARI dans l'Adrar des Iforas au Mali

Depuis 1999, un partenariat existe entre le CARI et une association malienne pour appuyer le développement agricole et pastoral de la commune de Tin Zaouaten.
Commune immense (80 km x 100 km) au milieu du Sahara à l'extrême nord du Mali à quelques km de la frontière algérienne.
Population touarègue, 4 000 habitants, 3 000 en brousse vivant d'élevage et 1 000 sédentaires dans un village de création récente au bord d'un oued riche en eau souterraine.
Une cinquantaine de jardins installés sur d'anciennes terrasses alluviales fertiles.

La demande initiale :
former les maraîchers pour améliorer leurs techniques et leur revenu sachant qu'en filigrane le rêve est l'oasis avec une palmeraie, que le désir de beaucoup de sédentaires est de repartir nomadiser en brousse, que le village est considéré par les nomades comme un lieu pour se retrancher en cas de gros problèmes.

La proposition de l'agroécologie :
bien gérer les ressources existantes - terre, eau, végétaux - et garder un maximum d'autonomie.

Mon intervention :
justifiée par l'expérience de maraîchage bio en terres de garrigue donc difficiles et par des pratiques agroécologiques. Une ou deux missions chaque hiver.

Des exemples concrets d'action : avec interrogations aux scientifiques

1 - Terre : protection des berges par des digues en gabions, microbarrages, reboisement,…
C'est la somme des petits jardins qui conduit à un aménagement global. Ceci pousse à entrer progressivement dans une organisation de l'espace avec plans, aménagements collectifs, redevances,…
Comment les scientifiques peuvent nous aider dans cette transition de l'oral vers l'écrit ?

2 - Eau : busage des puits, organisation rationnelle des jardins, comptage de l'eau utilisée,…
L'eau agricole ou domestique provient de la même nappe, les dangers de pollution sont immenses, les conflits sont possibles.
Comment les scientifiques peuvent nous aider dans cette différenciation des usages ?

3 - Palmiers : c'est le début de la palmeraie, il faut planter de bonnes variétés, imposer des espacements, s'assurer de l'irrigation. L'isolement favorise le bon état sanitaire actuel. Depuis 15 ans les premiers jardiniers ont obtenus une production de dattes à partir de semis, c'est un patrimoine dans lequel il faut sélectionner.
Les scientifiques vont-ils nous aider dans cette voie ou nous imposer des apports extérieurs plus performants ?

En conclusion, nos actions vont dans le sens d'une valorisation de l'existant avec des méthodes à la portée des acteurs locaux, décidées en commun, avec des résultats modestes mais durables. Dans leur quotidien, les jardiniers voient une amélioration de leur outil de travail et de leur revenu. A plus long terme les résultats engrangés alimentent la réflexion commune de tous les intervenants.

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