David contre Goliath ?

Conférence/Débat à
Agropolis Museum
le 17 janvier 2007

Heurts et malheurs de la gestion internationale de l'eau Mexique-USA

avec Eric Mollard, (Dynamiques Environnementales, IRD)
& Julie Trottier (politologue, Univ. de Newcastle)

 

Résumé

Les bassins hydrologiques internationaux (45% de la surface terrestre) sont propices aux conflits. Si la coopération l'a jusqu'ici emporté, l'eau convoitée pourrait déclencher des guerres si l'on considère la folie de barrages construits en dehors de toute négociation, la mise en péril des Mers d'Aral, du globe, et les immenses pollutions comme celle du fleuve Amour entre Chine et Russie.

La longue frontière Mexique Etats-Unis de 3200 km, matérialisée par le Colorado et le Rio Grande (Rio Bravo), illustre cette " coopération compétitive " nécessaire entre deux alliés, mais riche de rebondissements politiques et d'incompréhensions, autant d'ailleurs pour la migration que pour la gestion de l'eau. En 2002, les présidents durent intervenir dans le litige qui opposait les gouverneurs du Texas et du Chihuahua sur la part des eaux internationales qui revenait aux agriculteurs des deux rives.

En zone désertique, l'eau acquiert à l'évidence une valeur inestimable pour l'agriculture et des villes en plein boom démographique et industriel. Les pouvoirs locaux (gouverneurs des états, professions, groupes de pression) contournent les traités tandis que les administrations nationales appliquent des recettes souvent inefficaces. Derrière les discours belliqueux se cache un jeu d'acteurs qui profite des failles du système de coopération : il n'y a donc ni David ni Goliath. Les litiges se multiplient et les raccommodages successifs ébranlent les traités. Une solution durable devrait passer par l'apprentissage de la culture politique du partenaire, le refus d'instrumentaliser la paranoïa générale à des fins de politique locale et la mise sous tutelle de technocraties trop soucieuses de technologie.

Le consensus international demeure donc fragile. La coopération, processus en perpétuelle construction, éclate dès qu'un groupe incontrôlé se sent investi d'une vérité qui peut conduire à la folie.

En savoir plus :

Bouleau G., 2003. Comment bâtir une prospective commune pour la gestion d'un fleuve transfrontalier ? L'exemple de L'Escaut. VertigO, revue en sciences de l'environnement, Vol 4 No 3 , décembre 2003

Mary E. Kelly. Water management in the binational Texas/Mexico Río Grande/Río Bravo Basin. Yale F&ES Bulletin 107

Casey Walsh, 2004. Aguas Broncas: the regional political ecology of water conflict in the Mexico-U.S. Borderlands. Journal of Political Ecology Vol. 11, 2004

Maganda C., 2005. Collateral Damage: How the San Diego-Imperial Valley Water Agreement Affects the Mexican Side of the Border. The Journal of Environment & Development, Vol. 14, No. 4, 486-506 (2005)

Roberto Romero Pérez. Organización social y conflictos por el agua en los distritos de Riego
de la Cuenca del Río Conchos

 

Orientations de lecture

  • Trottier J., 2003. Water wars: the rise of a hegemonic concept - Exploring the making of the water war and water peace belief within the Israeli-Palestinian Conflict. From Potential Conflict to Co-operation Potential (PCCP): Water for Peace, UNESCO's International Hydrological Programme to the World Water Assessment Programme
  • Les grands fleuves : entre conflits et concertation. Dossier. VertigO, revue en sciences de l'environnement, Volume IV, No 3, 2003

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