Pastoralisme et désertification

Conférence
donnée à
Agropolis Museum
le 8 octobre 2004

Quel avenir pour les sociétés pastorales sahéliennes?(1)

avec Philippe Lhost (CIRAD-EMVT)

(1)Ce thème a fait l’objet d’une communication à la 53 ème réunion de la Fédération européenne de Zootechnie (FEZ EAAP : European Association for Animal Production), au Caire, en Egypte, en septembre 2002 sous le titre : « Livestock systems in drylands. The conditions for sustainability » ou « Les systèmes d'élevage des zones sèches. Les conditions de la durabilité ».


S o m m a i r e 

Introduction

I) - Problématique

II) - Plusieurs regards : diverses démarches

III) - Conclusion

IV) - Bibliographie

Introduction
Les zones sèches(1) représentent de très vastes étendues dans le Monde : d’une superficie estimée à environ 5168 M ha, elles couvrent près de 40 % de la surface globale des terres émergées ; elles sont souvent consacrées principalement à des activités pastorales. L’élevage des herbivores domestiques, dans des systèmes pastoraux extensifs, y joue en effet un rôle essentiel pour exploiter des ressources naturelles limitées et pour permettre la survie des populations concernées.

Ces régions sont aussi sujettes à des évolutions importantes liées à l’accroissement démographique humain et animal et aussi à divers enjeux économiques et politiques. La pression anthropique et les charges animales tendent en effet à y augmenter rapidement malgré la précarité et la fragilité des ressources naturelles, entraînant un impact parfois négatif sur l’environnement ; c’est pourquoi les menaces de désertification sont particulièrement aiguës dans ces régions.

Elles sont aussi souvent l’objet de compétitions sur l'utilisation des ressources naturelles entre différents groupes d'acteurs et de tensions politiques, génératrices de conflits parfois sanglants. Cela induit, pour les sociétés pastorales, une autre source d’insécurité qui s’ajoute au risque climatique et écologique.

La viabilité des activités pastorales de ces zones sèches pose donc des problèmes de nature différente : écologique, économique, sociale et politique.

Cette note présente une réflexion sur les conditions de la durabilité des systèmes pastoraux de ces zones sèches avec une référence particulière à la zone sahélienne d’Afrique sub-saharienne.

(1) Le concept de « zones sèches » (Drylands) retenu ici est le suivant, selon la définition de l’UNEP (1991) : zones sèches susceptibles de désertification c’est à dire, régions aride, semi-aride et sub-humide sèche ; régions pour lesquelles le ratio P/ETP (Précipitations/Evapotranspiration potentielle) est compris entre 0,05 et 0, 65 (les régions polaires et sub- polaires étant évidemment exclues)

Problématique

De vastes zones arides menacées de désertification,

D’après la définition communément admise par la communauté scientifique internationale (UNEP, 1991, UNCED, 1992, Grainger, 1992, CSFD & AFD, 2002), la désertification peut toucher les zones arides, semi-arides ou sub-humides sèches. 70 % de ces zones, soit quelques 3600 millions d’hectares, seraient affectés par des phénomènes de désertification modérée à très sévère (Cf. Tableau 1 d’après UNEP, 1991).

Tableau 1 : importance de la désertification* par grandes zones d'activité

Type d'utilisation
Superficie totale en zones sèches (M ha)
Superficie affectée par la désertification (M ha)
Surface affectée par une dégradation sévère des sols (M ha)
Cultures irriguées
145
43
43
Cultures pluviales
457
216
216
Parcours
4556
3333
757
Total
5158
3592
1016

(D’après UNEP, 1991, cité par Katyal et Vlek, 2000)

* Le terme « désertification » est le pendant médiatique de celui, plus générique, de « dégradation des terres ». Il trouve son origine dans les grandes sécheresses qui ont affecté le Sahel entre 1970 et 1973. La reprise des sécheresses dans tout le Sahel au début des années 1980 et ses conséquences dramatiques pour les populations de la région ont fait lentement émerger l’idée d’une action internationale de long terme qui tente de se mettre en place avec la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la Désertification adoptée en 1994, suite au Sommet « planète Terre » de Rio, 1992.

On soulignera donc aussi que la grande majorité de la superficie de ces zones sèches est consacrée à des activités pastorales (4556 M. ha sur 5158 M. ha au total, soit 88 %), alors qu’environ 9 % l’est aux cultures pluviales, les zones irriguées ne représentant qu’à peine 3 % de la zone. Il est clair que ces estimations sont approximatives et discutables : distinguer domaine pastoral et agricole a notamment un caractère parfois arbitraire puisque les sociétés concernées sur le terrain ont, le plus souvent des activités mixtes : « agro-sylvo-pastorales » (Lhoste, 1987).

L’élevage tient une place primordiale dans ces zones sèches

Dans de nombreuses situations difficiles du monde (aridité, altitude, pentes, etc.), et en particulier dans les vastes zones sèches, l'utilisation pastorale des ressources naturelles par l'élevage apparaît souvent comme le mode de valorisation le plus pertinent et les sociétés pastorales concernées, au Sahel africain, en Asie centrale ou dans les Andes d'Amérique du Sud, n'ont d'ailleurs parfois aucune alternative économique fiable à cet élevage extensif.

Cette forme d’élevage extensif permet, d’une part d’exploiter les ressources naturelles parcimonieuses et aléatoires de ces zones sèches et, d’autre part d’assurer la survie de ces sociétés pastorales ; cet élevage est en effet au cœur des économies familiales pastorales car il est source de protéines (lait, viande, sang) à haute valeur biologique pour nourrir ces pasteurs dans un environnement difficile. Il est aussi source de fibres (laine, poils, phanères…) de cuir, de fumure pour les cultures éventuelles et d'énergie pour le transport (Digard et al., 1993 ; Bourbouze et al., 2002). On connaît par exemple le rôle irremplaçable des dromadaires dans la vie des pasteurs des zones désertiques (Faye, 1997 ; Faye et al. 1999).

Cet élevage procure indiscutablement aux familles la sécurité alimentaire et économique mais, dans bien des cas, il confère encore aussi un certain prestige social aux propriétaires des troupeaux (pour les bovins notamment au Sahel).

Cet élevage joue aussi un rôle économique qui peut être important au niveau national ou régional, pour l'alimentation des villes du pays ou pour l'exportation de produits animaux dans d'autres pays de la région. On connaît, en Afrique sub-saharienne par exemple, les complémentarités économiques régionales qui existent entre les pays sahéliens, pays d’élevage comme la Mauritanie, le Mali, le Burkina, le Niger, le Tchad, etc., exportateurs de viande de ruminants et les pays côtiers (Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin, Nigeria, etc.), importateurs de viande. On réalise donc bien l’impact d’une période de sécheresse, événement devenu malheureusement périodique au Sahel, qui affecte la production des pâturages, la productivité numérique des troupeaux et leur exploitation commerciale pendant parfois plusieurs années ; cet impact est lourd de conséquences pour les familles, pour les sociétés pastorales et pour les pays concernés.

Ces activités pastorales dans une zone à fortes contraintes naturelles aggravent parfois les risques de dégradation

Les risques climatiques et écologiques

Si l’on se réfère au Sahel, la pluviométrie annuelle relativement faible (de 300 à 500 mm en moyenne) est affectée d’une forte variabilité inter-annuelle en termes de moyennes : les précipitations varient fortement d’une année à l’autre (Le Houérou, 1993, Mainguet, 1995). S’y ajoute une autre forme de variabilité qui joue également beaucoup sur la production végétale, c’est celle qui affecte le déroulement de la saison des pluies : durée de la saison des pluies, date du début et de la fin, nombre et distribution des jours de pluie, intensité des précipitations, etc. Ces variations pluviométriques importantes constituent le principal facteur qui détermine la disponibilité en herbe des terres de parcours.

Ces conditions pluviométriques déterminent pratiquement l’importance de la production végétale et, pour les pâturages naturels à base d’espèces annuelles au Sahel, une relation linéaire a été établie entre la « pluie efficace » (fraction infiltrée de la pluviométrie) et la phytomasse herbacée (Grouzis, 1987, Grouzis et Albergel, 1989) ; l’offre fourragère spontanée reproduit donc, dans de tels milieux, la variabilité de la pluviosité ; en conséquence, les charges animales potentielles qui en découlent logiquement sont donc, elles aussi, très variables d’une année à l’autre.

La phytomasse annuelle produite qui va constituer le stock fourrager est donc d’abord très variable avec la pluviosité. De plus, divers types de dégradations (feu, vent, piétinement, etc.) entraînent des pertes qui peuvent approcher les 50 % de cette phytomasse disponible. Même en année difficile (c’est à dire avec une productivité faible des pâturages et donc avec peu de « refus »), ce n’est souvent que 35 % du disponible fourrager sur pied qui sera effectivement consommé par les herbivores domestiques, en système pastoral extensif (Toutain et Lhoste 1978).

Par une étude fréquentielle sur une zone donnée, le bassin de la mare d’Oursi, au Nord du Burkina, Sicot (1989) établit que la charge animale peut atteindre potentiellement 20 000 UBT(1) en année très favorable mais qu’avec une charge de 10 700 UBT (53 % du maximum précédent), des problèmes d’alimentation du cheptel risquent de se présenter une année sur deux, alors qu’avec une charge animale d’environ 8 000 UBT (40 % du maximum précédent), les risques de disette pour le bétail ne devraient apparaître qu’une fois tous les 10 ans. C’est ce type d’analyse qui a fait conclure à certains auteurs que « compte tenu de la faiblesse des ressources disponibles, de leur variabilité et de l’extensivité des systèmes d’exploitation… la viabilité des systèmes agro-pastoraux sahéliens repose sur une sous-exploitation des ressources du milieu » (Milleville, 1989).

Ce difficile ajustement amène nombre d’auteurs à conclure de façon assez pessimiste comme le fait Sicot (1989) qui décrit « les surcharges chroniques qui rendent le cheptel improductif et nuisible à la conservation du milieu » (P 141).

Floret et al (1989) font un constat comparable pour le Sud de la Tunisie : la croissance démographique et la sédentarisation croissante des populations se traduisent par une extension des surfaces cultivées au détriment des parcours. Les surcharges animales qui en résultent tendent à dégrader le couvert végétal et à diminuer l’aptitude du milieu à emmagasiner l’eau du ciel qui tombe en quantités parcimonieuses et aléatoires. Des risques de dégradation par le bétail et de désertification du milieu en résultent (De Haan et al., 1997 ; Steinfeld et al. , 1997). Le risque économique et social A ce risque écologique s’ajoute celui d’un échange économique inégal qui aggrave la situation économique des éleveurs en cas de crise climatique. L’éleveur est en effet économiquement très exposé : en cas de sécheresse, la production agricole et celle des parcours diminuent bien sûr simultanément ; l’éleveur doit toujours acquérir, pour nourrir sa famille, des céréales dont les prix augmentent alors beaucoup ; le bétail en surnombre, en raison de la pénurie de ressources fourragères sur les parcours, afflue sur les marchés pour soulager les maigres pâturages et ses prix s’effondrent ; l’éleveur est doublement perdant! Des « faillites » et des reconversions imposées ne sont pas rares.

La marginalisation économique et sociale des sociétés pastorales est souvent un réalité fondée sur diverses idées reçues : c’est ainsi que le mode de vie pastoral est (ou a été) trop souvent considéré comme archaïque et dépassé, alors qu’il s’agit d’une forme remarquable de spécialisation et d’adaptation à l’environnement. Ces sociétés sont aussi trop souvent considérées (autre idée reçue) comme autarciques alors qu’elles sont, au contraire, du fait de leur spécialisation, très dépendantes des échanges avec les autres groupes. On peut voir aussi, dans la nécessité de ces échanges économiques, une motivation de plus pour la mobilité (voir ci-dessous).

La pression agricole augmente

Il faut ajouter que les activités dans ces zones sèches sont diversifiées et que cette tendance se renforce avec l’accroissement démographique et de la pauvreté dans ces régions. Ces sociétés autochtones, mais aussi parfois migrantes ne vivant pas que de l’élevage, il en résulte un accroissement de la pression sur les ressources (biodiversité, eau, terre, parcours…) par l’agriculture, la chasse, l’exploitation du bois, la cueillette, etc. Ce sont en général des zones écologiquement les plus favorables (bas-fonds, sols favorables) qui sont ainsi mises en culture en priorité, au détriment des pâturages et du bétail..

Ces zones sèches sont donc bien menacées de désertification , ce qui pose le problème de la durabilité des systèmes d’élevage et de la survie des sociétés pastorales concernées : c’est un problème de développement durable dans un contexte écologique et socio-politique parfois particulièrement contraignant.

(1) UBT : « Unité Bétail Tropical », équivalent à un bovin de 250 kg.

Plusieurs regards : diverses démarches

Nous proposons d’organiser la réflexion de façon quelque peu arbitraire en trois étapes emboîtées et interdépendantes :

  • une démarche écologique d’abord, qui s’intéresse donc au départ aux ressources ;
  • un point de vue plus systémique ensuite qui introduit les pratiques des éleveurs et leurs stratégies, ainsi que les herbivores domestiques et les systèmes d’élevage ;
  • une réflexion plus liée aux acteurs et à leur modes d’organisation ainsi qu’aux interventions de développement, enfin.

Une démarche écologique visant à mieux utiliser les potentialités du milieu

Des méthodes « écologiques » fondées sur les caractéristiques favorables du milieu peuvent être mises en évidence ; il s’agit aussi de pratiques qui sont déjà utilisées par les sociétés pastorales des zones sèches pour limiter les risques climatiques et lutter contre les processus de dégradation évoqués plus haut ; elles peuvent être classées (arbitrairement) en fonction de leur application aux caractéristiques du milieu naturel (végétation) ou plutôt à celles des populations animales.

L’adaptation des espèces végétales

Les espèces végétales présentes dans ces zones sèches sont diverses et adaptées, non seulement à l’aridité mais aussi à la variabilité temporelle des précipitations. Elles réagissent notamment très vite aux changements de l’environnement. Ces adaptations sont diverses et portent sur les mécanismes de la reproduction, sur la brièveté du cycle végétatif et sur la résistance à la sécheresse (Floret et al., 1989)

Ajoutons que les jugements parfois catégoriques sur l’irréversibilité des états de dégradation des pâturages ne se révèlent pas toujours pertinents car la résilience de ces écosystèmes steppiques (capacité de l’écosystème à résister au choc et à revenir à l’état antérieur) est plus forte que prévue et surprend parfois même les plus pessimistes (Benkhe & Abel 1996).

La diversité des types biologiques

Les conséquences défavorables de la variabilité climatique sont aussi atténuées par la diversité des types biologiques végétaux (et animaux aussi, voir ci-dessous), et des réponses adaptatives des plantes (Floret et al 1989). On peut citer à ce titre :

  • le partage des différents niveaux de sol par les systèmes racinaires de ces végétaux,
  • les associations plantes annuelles et plantes pérennes, herbacées et ligneuses, etc.

Ces complémentarités sont souvent largement perturbées par l’homme qui, par exemple, peut faire disparaître les ligneux par une exploitation excessive, pour le bois de feu, les clôtures, et pour le "pâturage aérien" (nom donné au feuillages des ligneux qui sont parfois mis à la portée des animaux par des tailles drastiques des ligneux), etc .

L’hétérogénéité des situations de milieu

La diversité des conditions de milieu et leur complémentarité jouent aussi dans le même sens, favorisant la diversité biologique et les possibilités pour les animaux d’exploiter de façon différentielle ces différents milieux.

La diversité des types biologiques et des situations de milieu permettent en effet, de façon synergique, d’étaler la production de phytomasse toute l’année et d’offrir à divers types d’herbivores une offre fourragère diversifiée (faute d’être toujours abondante).

Plasticité des races d’animaux domestiques

Enfin, pour évoquer rapidement le volet animal, il faut rappeler les caractéristiques suivantes des "peuplements" d'herbivores domestiques de ces zones sèches(1) : Diversité spécifique : pour ne citer que les principales espèces d’herbivores domestiques on y trouve en effet couramment des bovins, camélidés, caprins, ovins et des équidés (chevaux, ânes et hybrides), Adaptation : tout à fait remarquable chez le dromadaire, l’adaptation à la chaleur, à la sécheresse et aux grands déplacements est importante chez la plupart des espèces concernées. L’abreuvement notamment peut être espacé tous les deux jours, voire tous les trois jours, pour les ruminants sahéliens (bovins, ovins et caprins) à une époque, en fin de saison sèche ou le pâturage devient rare, ce qui entraîne de longs déplacements. Rusticité : elle est le fait d’une longue sélection naturelle (et assistée par l’homme bien sûr), dans un environnement difficile, qui a permis de fixer des populations animales remarquablement adaptées au milieu et à ce mode d’élevage, Polyvalence : nombre d’animaux jouent un rôle mixte, fournisseurs de protéines (lait, viande), de fumure et d’énergie (portage, culture attelée) ; une fois encore, le rôle joué dans des situations parfois très difficiles, par les caprins ou les dromadaires est tout à fait remarquable et lié notamment à leur rusticité et à leur polyvalence.

Dans tous les cas, ce sont les pratiques agricoles et pastorales des acteurs eux-mêmes qui permettent de valoriser ces divers atouts (Toutain & Lhoste, 1999).

Systèmes d’élevage : Pratiques pastorales

La survie des animaux et la viabilité des sociétés pastorales dans ces milieux très contraignants est donc souvent le résultat d'une pratique pastorale, ancestrale mais adaptative, fondée sur un certain nombre de facteurs tels que :

L'utilisation des ressources arborées et arbustives et d'apports alimentaires extérieurs en complément des herbacées pâturées, etc. Les herbivores ne dépendent pas que de l’offre fourragère de la strate herbacée des formations naturelles. L’utilisation des ligneux notamment peut-être importante à certaines saisons : on retrouve la diversité des ressources et les savoir-faire des éleveurs pour en utiliser judicieusement les apports ; le cas des arbres est exemplaire : bien gérés, leur « pâturage aérien » constitue un complément potentiel intéressant, spécialement pour certaines espèces animales, tels que les dromadaires ; sur-exploités ou mal-traités, ils disparaissent, privant les éleveurs d’un ensemble de ressources importantes (bois, fruits, gomme, fourrage, etc.).  

L'association d'espèces différentes d'herbivores,

La diversité des espèces d’herbivores domestiques utilisée par les pasteurs des zones sèches (bovins, camelins, caprins, ovins plus des équidés : chevaux et ânes) peut à nouveau s’interpréter comme une stratégie anti-risque, dans l’espace et dans le temps :

  • l’association sur un même espace (considéré comme un ensemble de ressources) de cette diversité animale est aussi une façon de mieux exploiter le milieu lui-même contrasté, comme nous venons de le voir,
  • la diversité peut aussi s’exprimer dans le temps comme le montre l’expérience post-sécheresse : les espèces animales sont en effet utilisées successivement par les éleveurs en fonction de leur situation : on remplacera les chevaux par les dromadaires pour faire face à l’aridité croissante du climat ; on redémarrera un troupeau, modestement avec des chèvres, espèce à productivité numérique élevée, pour les remplacer ensuite par des ovins ou des bovins qui présentent d’autres avantages (économiques notamment), etc.

La mobilité spatiale des troupeaux et parfois des familles d'éleveurs (transhumances, nomadisme)

La mobilité des animaux apparaît d’abord comme une stratégie importante qui permet de limiter les risques et tenter de pallier l’insuffisance, l’hétérogénéité et la dispersion des ressources fourragères notamment pour utiliser leur complémentarité (Sicot 1989). Les causes de cette mobilité sont donc diverses et elle comporte aussi des implications négatives qui explique sans doute son atténuation observée dans de nombreuses régions du Sahel. Les types de mobilité sont multiples et varient en termes de modalités, de durée, d’amplitude, etc. :

  • Petite, moyenne et grande transhumance,
  • nomadisme, etc.

Nous n’insisterons pas sur cet aspect descriptif, fortement documenté chez les géographes et pastoralistes tels que E. Bernus au Niger, H. Barral au Burkina, J.-C. Clanet au Tchad, J. Gallais au Mali, etc. (Blanc-Pamard &Boutrais, 1994).

La raison primaire de cette mobilité est la recherche d’une alimentation et d’un abreuvement satisfaisants pour les troupeaux d’herbivores concernés (au Sahel, essentiellement, bovins, ovins, caprins et dromadaires). Cet aspect a été largement commenté dans la littérature africaine (Bourgeot, 1999).

C’est aussi une stratégie « anti-risque » ; on s’accorde à reconnaître que, lors des grandes sécheresses (1972-73, 1984-85, au Sahel), ce sont les éleveurs les plus mobiles qui ont le mieux résisté et les moins mobiles qui ont été le plus touchés (Eldin et Milleville, 1989).

La mobilité pastorale a aussi bien d’autres motivations, comme celle de faciliter des échanges avec d’autres groupes : vente d’animaux, ventes de lait, contrats de fumure, échanges de services (transport animal, par exemple), cures salées, etc.

Cette mobilité n’est pas sans poser problème et l’exemple du Tchad oriental (Barraud et al, 2001) nous en fournit une bonne illustration récente en analysant différentes contraintes et menaces qui pèsent sur cette forme d’exploitation de l’espace :

  • Un accès difficile à l’éducation et aux services de santé ; ce sont la des contraintes fortes pour les nomades car les services sociaux en place sont au mieux adaptés aux sédentaires,
  • Un accès aux ressources conflictuel : cette contrainte est liée notamment au développement d’activités agricoles dans les régions sahéliennes qui aggrave les tensions sur les points d’eau et complique la mobilité pastorale, les axes de transhumance étant régulièrement occupés par les sédentaires et par leurs champs,
  • Un contexte juridique, législatif et réglementaire complexe qui provient notamment de l’imbrication du droit traditionnel, du droit musulman et du droit moderne,
  • Des conditions de production difficiles pour ce qui concerne par exemple l’accès aux soins vétérinaires.
Traditionnelle chez les pasteurs sahéliens cette mobilité a souvent fait problème, à l’administration notamment comme l’écrivait déjà le colonel Largeau au Tchad en 1911 : « il faut absolument arrêter ce mouvement de va et vient qui rend toute administration impossible et favorise la fraude sous toutes ses formes » (in V. Barraud et al., 2001) ; les grands mots

sont déjà formulés et l’inquiétude de l’administration coloniale de ne pouvoir contrôler ces éleveurs mobiles s’est souvent transmise aux états indépendants qui lui ont succédé.

Cette mobilité, qui ne présente pas que des avantages, est donc essentielle pour le maintien de tels systèmes et pour une bonne gestion des ressources naturelles ; un projet(2) auquel nous avons été associés l’avait bien compris puisque son objectif était de « sécuriser la mobilité pastorale » au Tchad oriental (Barraud et al., 2001). Pour aller plus loin et pallier certains inconvénients que subissent les éleveurs transhumants, il faudra poursuivre la réflexion sur la sécurisation de la mobilité des troupeaux qui n’implique pas nécessairement la mobilité de l’ensemble de la famille d’éleveurs ; c’est déjà le cas dans certaines situations ou seuls les jeunes ou les bergers partent en transhumance ; c’est plus difficile lorsqu’il s’agit de grands transhumants avec une très grande amplitude de déplacement ou de nomades.

Les déstockages saisonniers ,

Pour soulager les pâturages en saison défavorable on peut, comme nous venons de le voir, déplacer les animaux vers d’autres pâturages ; les éleveurs font aussi le choix d’une autre stratégie consistant à vendre du bétail avant la période de pénurie ; remarquons que ces ventes leur sont parfois imposées par la nécessité d’acquérir des aliments pour la famille.

Ces « déstockages » saisonniers sont d’autant plus intéressants au plan de la gestion des ressources naturelles qu’ils sont faits avant la période de pénurie fourragère ; les produits de la vente de certains animaux peuvent aussi théoriquement servir à acquérir des aliments complémentaires pour le reste du troupeau.

Au plan biologique, il y a aussi une autre logique à mettre sur le marché de la viande, les animaux destinés à la vente au moment de l’année où ils sont en meilleur état, c’est à dire avant la saison défavorable ; il y aurait en effet une perte sèche à vendre pour la viande des animaux qui ont beaucoup maigri pendant la saison sèche… Même si les éleveurs sont parfois contraints de le faire pour des raisons de survie.

Au plan économique, en revanche, beaucoup d’éleveurs adoptant cette stratégie (de déstockage saisonnier, avant la saison sèche), les prix peuvent s’en trouver affectés à la baisse ce qui n’est pas favorable aux éleveurs.

Les complémentarités régionales, la stratification de l’élevage

On peut aussi trouver une bonne cohérence globale à ces déstockages de début de saison sèche en zone d’élevage naisseur, en jouant sur des complémentarités régionales ; cela consiste à mettre en embouche ou au travail (culture attelée) dans les zones agricoles des animaux jeunes, « non finis », ce qui soulage la zone pastorale de naissage et ce qui permet de mieux valoriser ces animaux, soit par le passage par la culture attelée, soit par l’embouche. Dans le même temps ces animaux se rapprochent des marché de consommation.

Cette « stratification régionale » des activités d’élevage, même si elle constitue une sorte de mythe récurrent en Afrique sub-saharienne est tout de même une réalité dans un pays comme le Sénégal où l’on voit effectivement les zones pastorales du Ferlo et du Sénégal oriental approvisionner en bœufs de trait et en animaux d’embouche paysanne les agro-éleveurs de la zone arachidière (Lhoste, 1987) ; ces bœufs qui passent notamment par quelques années de culture attelée que nous avons qualifiée « d’embouche longue », se retrouvent ensuite, alourdis, sur le marché de la viande. Ce faisant, ils se sont effectivement déplacés des zones pastorales périphériques vers les marchés citadins côtiers.

L’organisation des utilisateurs et la gestion durable des ressources

L’organisation des différents types d’utilisateurs des ressources paraît tout à fait nécessaire tant pour tendre vers une gestion durable des ressources renouvelables que pour faciliter la résolution des conflits.

Après avoir observé les difficultés rencontrées par divers projets de développement de l’élevage trop exclusivement fondés sur des choix techniques, une nouvelle génération d’interventions accorde à juste titre beaucoup plus d’importance aux aspects humains : formation, médiation, organisation des acteurs, relations entre les intervenants privés et publics, etc. Il s’agit de favoriser la mise en place des institutions permettant de gérer collectivement les ressources ; il s’agit aussi des instances et des mécanismes de résolution des conflits qui peuvent intervenir sur les points d’eau, les voies de circulation du bétail, l’utilisation de l’espace, les dégâts provoqués aux cultures par les animaux, etc. Le projet « Almy Bahaïm » (déjà cité), s’est attaché à sécuriser la mobilité pastorale dans une vaste région du Tchad oriental ; dans cette optique, il a privilégié un travail sur les rapports que les différents groupes humains en présence nouent entre eux à propos de l’accès aux ressources naturelles, dans deux voies principales (Marty et Lhoste, 2002) :

  • l’approche de l’organisation des usagers qui s’est traduite par la mise en place d’un certain nombre d’instances adaptées à la situation locale, telles que : la « commission mixte agriculteurs-éleveurs » présidée par l’administration, la « commission point d’eau » (pour la mise au point des règles de gestion de l’ouvrage, pour les points d’eau nouveaux créés par le projet, notamment), l’ « organe paritaire » chargé de la gestion concrète du point d’eau (puits ou mare), au quotidien, selon les règles précédemment fixées,
  • l’approche du foncier a privilégié la démarche patrimoniale plutôt que propriétariste. Celle-ci, en effet tant à rigidifier les rapports et à exclure ceux qui n’ont pas de droits sur le sol, en particulier, les éleveurs transhumants. La conception patrimoniale a l’avantage de l’ouverture aux aspects multi-usages et multi-usagers, avec des droits d’usage pouvant être négociés. Ainsi les infrastructures pastorales (points d’eau, pistes, aires de stationnement) constituent un « patrimoine commun à usage pastoral » pour tous les éleveurs, sédentaires et transhumants.

Le projet s’est également intéressé, ensuite, à la promotion d’une organisation professionnelle des éleveurs, à une échelle régionale. C’est le niveau qui paraît pertinent pour traiter avec d’autres partenaires (les groupements d’agriculteurs, l’administration, les services techniques notamment) de la transhumance et plus généralement de la mobilité pastorale.

Les formes traditionnelles de solidarité (Habbanae chez les Peul…)

Les pratiques de confiage d’animaux, fréquentes dans différentes sociétés d’éleveurs peuvent s’interpréter notamment en termes de stratégies anti-risques mais elles traduisent aussi un fort degré d’intégration sociale. Elles constituent parfois, à l’intérieur de réseaux familiaux et sociaux, un véritable mécanisme d’entraide, comme le « Habbanae » des Peul, en Afrique, qui permet de confier à l’éleveur appauvri ou sinistré quelques femelles qui lui permettront de survivre et de re-démarrer la constitution de son propre cheptel ; en effet, si les femelles confiées restent propriété de l’éleveur initial, les produits sont partagés, selon des règles ancestrales, entre le propriétaire et celui qui bénéficie du confiage. On peut aussi citer une forme de solidarité, fondée sur les complémentarités entre systèmes de production complémentaires : les « contrats de fumure ». Ces contrats (oraux) sont mis en œuvre à l’occasion de la transhumance des éleveurs dans les zones agricoles et ils sont une illustration intéressante des échanges entre éleveurs détenteurs de bétail à la recherche de résidus agricoles pour l'alimentation de leur cheptel, et cultivateurs soucieux de fertiliser leurs champs pendant la saison sèche. L'éleveur transhumant trouve au village un "logeur", agriculteur sédentaire, qui l'héberge et qui bénéficie en retour de la fumure animale déposée sur ses parcelles par les animaux. Ce type de pratique, même s’il est en diminution en raison notamment de la diminution de la mobilité des troupeaux, est intéressante car il induit une réciprocité entre agriculteur et éleveurs, et pas nécessairement une compétition source de conflit. Quelles mesures d’accompagnement envisager ? La diversité des mesures complémentaires à envisager est grande nous n’en retiendrons que quelques unes qui nous paraissent particulièrement pertinentes, pour la zone sahélienne et vis-à-vis de différentes cibles (la recherche, les décideurs politiques…) notamment :

  • Pour la recherche et le développement : nous insistons sur un enjeu (abordé dans un travail récent : Cf. Cornet et al., 2002 et CSFD & AFD, 2002) : la nécessité de disposer d’indicateurs de suivi fiables et pertinents. Nous sommes en effet convaincus de la nécessité des suivis d’impact, dans le cas des projets par exemple ; il est important de mettre en place dès le début (du projet, pour garder le même exemple), un dispositif de suivi pérenne. Il faut aussi être très attentif à la définition des indicateurs pertinents(3),
  • Pour les décideurs : il est important d’une part de sécuriser la mobilité pastorale et les aménagements tels que l’hydraulique pastorale peut y contribuer (Marty & Lhoste, 2002) et d’autre part de favoriser certaines infrastructures tels que les marchés pour stimuler l’écoulement des animaux dans des conditions économiques satisfaisantes pour les éleveurs. Les pouvoirs de ces pays ainsi que le système international d’aide publique doivent aussi veiller au maintien de plan d’urgence en cas de grande sécheresse pour éviter les drames tels que ceux auxquels on a assisté impuissants au cours des sécheresses récentes au Sahel (1972-73 ; 1984-85).
Pour différents types d’acteurs (pouvoirs centraux, pouvoirs locaux, services techniques, utilisateurs des ressources…), il est important de promouvoir et renforcer les organisations d’éleveurs ainsi que les organisations paritaires regroupant par exemple - sédentaires et nomades, - agriculteurs et éleveurs, - administration locale, pouvoirs traditionnels et représentants des groupements de producteurs , etc. Ces institutions locales ont un rôle important pour la gestion des ressources naturelles (eau, parcours, faune, etc.), des déplacements des animaux (axes de transhumance, aires de repos des animaux, pistes à bétail), des aménagement du territoire (partage des terres entre agriculteurs et éleveurs, organisation de l’espace autour des points d’eau, etc.) et pour la résolution des conflits.

(1) Sans même évoquer ici la faune sauvage qui évidemment augmente fortement, dans certaines zones, la biodiversité animale, favorable à l'exploitation de tels milieux contrastés.
(2) Il s’agit du projet « Almy Bahaïm » (« de l’eau pour le bétail » en arabe tchadien).
(3)
Il est parfois difficile de trouver le bon équilibre pou ces indicateurs, entre deux écueils fréquents :

  • Si le dispositif de suivi est trop lourd il risque d’être rejeté par le projet et de ne pas servir d’outil de pilotage !
  • Si le dispositif, plu léger, manque de fiabilité, il peut conduire à des erreurs d’appréciation et à des décisions hasardeuses… Ce qui ne manquerait pas de disqualifier ce type d’outil de suivi et de pilotage.
Conclusion

Cette réflexion s’est inscrite dans un contexte de lutte contre la désertification dans l’optique de la « Convention sur la Désertification »(1), la désertification étant considérée comme le résultat d’une combinaison entre les évolutions climatiques et les activités humaines ; la désertification apparaît bien comme un problème de développement durable et la lutte contre la désertification implique autant de s’intéresser à la protection de l’environnement naturel que de lutter contre la pauvreté et contre les inégalités (Barbault et al., 2002, Cornet, 2002).

Après avoir rappelé certaines causes de la désertification dans les zones sèches, l’analyse incite aussi à ne pas tomber dans un pessimisme trop largement partagé par rapport au développement pastoral durable dans ces régions difficiles.

Certes, ces zones pastorales sont l'objet de dégradations des terres et des ressources végétales en raison d'une surexploitation par les animaux. Les conflits y sont fréquents en raison de la pression anthropique croissante.

On peut rappeler à ce propos, en conclusion, les éléments positifs suivants :

  • la capacité du milieu à résister aux accidents climatiques,
  • l’adaptation de la biodiversité végétale et animale de ces milieux,
  • la capacité des sociétés pastorales à adapter leur stratégies dans une gestion « opportuniste » de l’environnement (Behnke et al., 1993 ; Scoones et al, 1995).

On peut aussi suggérer enfin les orientations prioritaires suivantes :

  • maintenir, sécuriser et encourager la mobilité pastorale en tentant d’en atténuer les contraintes (conflits, santé, éducation, représentativité…),
  • favoriser les organisations d’éleveurs et renforcer les institutions pastorales et paritaires notamment pour la résolution des conflits,
  • promouvoir des actions de développement et des politiques incitatives pour la gestion durable des ressources naturelles.

Il est en effet nécessaire au plan écologique global de lutter contre la désertification et la dégradation d’une vaste zone qui représente plus du tiers des terres de la planète mais aussi au plan politique et humain d’éviter la marginalisation et l’appauvrissement dramatique de sociétés pastorales qui y vivent depuis des siècles. La durabilité des ressources naturelles est liée à un renouvellement des modes de gestion collective qui passe par des négociations et de nouveaux modes d'organisation des utilisateurs.

(1) Convention des Nations Unies sur la lutte contre la Désertification (déjà citée) adoptée en 1994, suite à la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement, de Rio, 1992.

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