Le soja, trésor de vie 
Résumé de la conférence
donnée à
Agropolis Museum
le 29 Mars 2001
Propriétés nutritionnelles, épidémiologie

par Mariette Gerber
INSERM Groupe d’épidémiologie métabolique
Val d'aurelle, Montpellier


   


   
 Le soja a été très consommé dans les pays asiatiques où il constitue un apport protéique important, remplaçant souvent l’apport de viande. Dans les pays occidentaux, cette richesse protéique le fait choisir par les Végétariens et les Végans, mais aussi en remplacement du lait et des produits laitiers pour les personnes qui veulent éviter l’apport de graisses saturées par le lait.

Mais le soja présente d’autres micro-constituants, les isoflavonoïdes (notamment la daidzéine et la génistéine), aussi appelés phyto-œstrogènes en raison de la similarité de structure avec ces hormones (Figure 1 ci-dessous).

Figure 1
Figure 1

Après avoir subi une transformation métabolique par la flore colique, ces composés ont la 
propriété de se fixer aux mêmes récepteurs que les oestrogènes, mais avec des affinités différentes, forte affinité pour le récepteur beta et plus faible affinité pour le récepteur alpha. Cette différence d’activité suivant les récepteurs permettrait que ces composés puissent avoir à la fois une activité de stimulation comparable à celle des oestrogènes sur les tissus qui ont essentiellement des récepteurs beta (os, cerveau, poumon), et pas d’action stimulante ou même une action inhibitrice sur les tissus qui ont des récepteurs alpha (sein, prostate). Ainsi, ces constituants auraient les actions bénéfiques des oestrogènes sur les os et le cerveau et leur action pourrait être particulièrement intéressante chez la femme ménopausée, sans avoir le risque de promotion de cancer du sein comme l’oestrogènothérapie de substitution, puisqu’ils ont une action nulle ou négative sur les cellules de l’épithélium mammaire.

Plusieurs études ont cherché à montrer cette éventuelle protection vis à vis du cancer du sein (Figure 2 ci-dessous). Sur cette figure on voit que les résultats se situent en majorité du côté de l diminution du risque (à gauche de la verticale 1), mais les résultats de 2 études seulement sont significatives (elles n’atteignent pas la verticale 1). Il faut donc confirmer ces résultats.

Figure 2
Figure 2

Par ailleurs, les études in vitro montrent que ces composés sont doués de nombreuses propriétés (hypocholestérolémiques, anti-oxydants, inhibition d’enzymes de prolifération) qui peuvent elles aussi expliquer leurs effets bénéfiques.

Dans l’état actuel des connaissances, un apport nutritionnel autour de 20g de protéine de soja par jour paraît suffisant pour assurer ses effets éventuellement bénéfiques sans entraîner de risques.   


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