Retour sur une catastrophe

Conférence donnée
à Agropolis Museum
le 29 juin 2005

Engagements en faveur du tsunami, entre générosité et ambiguïtés

Résumé de l'intervention de Alain Leplaideur

 
Résumé de l'intervention de Alain Leplaideur


L’organisation des financements des interventions sur les crises (les catastrophes naturelles mais aussi les conflits) a longtemps distingué d’une part la période d’urgence, d'autre part la phase de développement. Ceci a structuré pour une grande part le profil des ONG, celles classées urgentistes et celles dites de développement.
A la suite du constat, à présent reconnu par tous, de la notion de « continuum » d’une situation donnée, à savoir l'arrivée d’une crise, la crise proprement dite, la sortie de crise, la reconstruction, et à nouveau le développement, une nouvelle phase intermédiaire, appelée « réhabilitation », a été introduite récemment. La définition de ses missions et l’inscription des lignes budgétaires afférentes ne sont pas encore claires pour les bailleurs de fonds et les organisations intervenantes.
Souvent ce sont les ONG urgentistes qui prennent en charge les activités liées à cette nouvelle phase. Or, si ces urgentistes sont bien organisés pour les opérations d’urgence où la logistique prime, en s’appuyant sur des services normalisés, ils le sont beaucoup moins pour la phase de réhabilitation-reconstruction.
Il ne s’agit plus d’appliquer un cahier des charges normalisé (donné à titre indicatif par les Nations-Unies) mais de rentrer en communication avec les sinistrés (réfugiés) pour connaître leurs priorités. Il n'est alors plus question de « gérer une quantité à distribuer, des espaces à réaménager », mais d'instaurer un dialogue avec des communautés d’être humains. Les populations ont à reconquérir leur espace et se reconstruire une situation de vie dont ils pourront tirer leur subsistance. Les regards professionnels technique et socio-économique sont alors nécessaires. Or ces regards font très souvent défaut sur place. Il s’agit d’œuvrer à les réintroduire (exemple de la situation en Indonésie, et par extension dans le même ordre d'idée de cas des réfugiés en Guinée et au Libéria).

Les donateurs publics institutionnels du Royaume-Uni, de la Norvège, de l'Allemagne, les pays nordiques et les grandes ONG anglo-saxonnes (Oxfarm, Care, …) ont pour leur part intégré la dimension de l’expertise technique et scientifique utile à l’action. Il n’en est pas de même en France : l'état de la situation actuelle montre que lorsqu'elles existent, elles sont le fait d’initiatives individuelles très personnalisés. Certains mouvements apparaissent cependant dans les institutions d’Etat (Délégation à l’Action Humanitaire ; Ministère des Affaires Etrangères, AFD …). Il s’agit de les encourager.

Conclusion
A chacun de gérer son engagement personnel et de juger de l’engagement des ONG et des institutions sur la base de l’affichage, de l’éthique annoncée et… de la pratique réelle. Concernant le “management” de l’éthique : il faut garder à l'esprit les différences entre des ONG à fonctionnement associatif démocratique et des ONG de type “agence de moyens”.


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