Valorisation écotouristique

Table ronde-débat
à Agropolis Museum
le 3 février 2006

des zones humides :
un mode de développement durable en Méditerranée et en Afrique ?

avec Sylvie Blangy (expertise touristique, enseignante chercheuse)
et Christophe Lauriol
(ODIT-Mission Littoral)

Participants à la table ronde :
Olivier Barrière
(IRD, droit de l'environnement)
Guilhem Reboul
(Mission Départementale du Tourisme de l'Hérault)
Marc Barral
(représentant le Syndicat mixte de la Camargue gardoise)
Denis Dussuchale
(directeur de l'Hôtel Ibis, Groupe ACCOR)
Daniel Crépin, modérateur
(DIREN Languedoc Roussillon)

 


S o m m a i r e 

Les intervenants

1) - La thématique de la soirée et les grandes lignes de la convention RAMSAR par Daniel Crépin

2) - Littoral du Languedoc-Roussillon : vers un développement touristique intégré par Christophe Lauriol

3) - L’écotourisme dans le Parc National du Banc d’Arguin en Mauritanie par Sylvie Blangy

Table ronde

Bibliographies

Contacts

- Les intervenants

Les intervenants :
- Daniel Crépin, chargé de mission DIREN Languedoc Roussillon
- Sylvie Blangy, consultante écotourisme, enseignante et chercheuse
- Christophe Lauriol, chargé de mission à la Mission Littoral, ODIT France
- Marc Barral, animateur du pôle relais lagune station Camargue
- Guilhem Reboul, directeur de la Mission Départementale du Tourisme de l'Hérault.
- Olivier Barrière, juriste en droit de l’environnement et anthropologie du droit de l’IRD
- Denis Dussuchale, directeur de l’hôtel IBIS Montpellier (Groupe ACCOR)

1) - La thématique de la soirée et les grandes lignes de la convention RAMSAR
par Daniel Crépin

La reconnaissance de l’importance des zones humides a donné lieu, le 2 février 1971, à la signature d’une convention lors d’une conférence dans la ville iranienne de Ramsar. Cette convention sur les zones humides constitue l’un des premiers traités internationaux de protection de l’environnement. C’est également le seul traité sur l’environnement de portée mondiale qui soit consacré à un écosystème particulier.

La convention a apporté une première définition des zones humides : "Les zones humides sont des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d’eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l’eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d’eau marine dont la profondeur à marée basse n’excède pas six mètres".

La Convention de Ramsar a pour mission : "la conservation et l'utilisation rationnelle des zones humides par des actions locales, régionales et nationales et par la coopération internationale, en tant que contribution à la réalisation du développement durable dans le monde entier."

Elle compte actuellement 144 pays signataires. Chaque pays signataire s’engage notamment à désigner au moins un site qui satisfasse aux critères Ramsar d’inscription sur la liste des zones humides d’importance internationale (Liste de Ramsar), et à garantir le maintien des caractéristiques écologiques de chaque site Ramsar. Plus de 1 400 zones humides (soit environ 123 millions d’hectares) ont été désignées " sites Ramsar " à travers le monde, ce qui signifie qu’elles sont reconnues comme zones humides d’importance internationale. Elles forment un réseau qui permet de prendre davantage conscience de leur richesse et de leur intérêt. Ce réseau favorise également l’échange d’expériences et de savoirs faire et facilite la coopération, notamment pour la gestion des humides transfrontalières.

En ratifiant cette convention en 1986, la France s’est engagée comme les autres parties contractantes à promouvoir la gestion et l’utilisation rationnelles des zones humides et à désigner des zones humides d’importance internationale. 24 sites Ramsar ont été désignés par la France, dont quatre sur nos trois régions méditerranéennes. Il s’agit respectivement des sites « Petite Camargue », formé par l’étang de l’Or et la petite Camargue gardoise et « Etangs de la Narbonnaise » en Languedoc-Roussillon, le site « Camargue », formé par le delta de Camargue en Provence-Alpes Côte d’Azur et le site « Etang de Biguglia » en Corse. En outre, une démarche pour la désignation de la réserve naturelle du Bagnas devrait être entreprise prochainement.

Les comportements des citoyens sont au cœur des questions sur l’avenir des zones humides. Aujourd’hui le réseau RAMSAR s’avère être un bon outil pour la découverte de ces zones par les citoyens. Mais la question de leur préservation se pose toujours.
En effet, faut-il protéger les zones humides en en interdisant l’accès ou peut-on y développer de l’écotourisme ? Quels sont les enjeux de l’écotourisme vis-à-vis des zones humides ?

2) - Littoral du Languedoc-Roussillon : vers un développement touristique intégré
par Christophe Lauriol

Le développement touristique de la côte Languedocienne à partir des années 1960 relève en premier lieu d’une logique économique. Il s’agissait de créer en Languedoc-Roussillon, une grande région touristique, en mettant en valeur ses ressources encore inexploitées, de diversifier l’économie par l’apport des multiples activités qu’engendre le tourisme, de contribuer à l’équilibre de la balance des comptes touristiques de la France en attirant des investissements étrangers et en offrant à la clientèle française et étrangère une alternative de vacances concurrentielles par rapport aux régions méditerranéennes voisines.

La politique d’aménagement pilotée par l’Etat au travers de la mission interministérielle pour l’aménagement touristique du littoral Languedoc-Roussillon, dite « Mission Racine », de 1963 à 1982 a très largement atteint ses objectifs avec la création ex nihilo de 7 stations nouvelles (la Grande Motte, le Cap d’Agde, Gruissan, Port Leucate, Port Barcarès, Port Camargue et Saint Cyprien) et le développement d’une offre d’hébergement touristique de plus de 1,2 millions de lits permettant d’accueillir plus de 7 millions de touristes chaque année (62 millions de nuitées correspondant à un apport à l’économie régionale de l’ordre de 7% du PIB).
Les zones lagunaires ont été très impactées du fait d’un remodelage complet des côtes, de part la création de ports ou encore par des démoustications importantes.

Mais l’originalité de la Mission Racine a été :

1- D’intégrer ce développement du « tourisme de masse » dans une politique de protection de l’environnement littoral tout aussi novatrice pour l’époque :
- mise en place du plan d’urbanisme d’intérêt régional (PUIR) définissant l’alternance entre secteurs à aménager et espaces naturels à protéger, dans une logique largement reprise en 1986 au travers de la loi littoral
- politique de recensement et de classement des sites. La mission a opéré une demande de classement pour 23000 ha (6 fois le sol affecté aux stations)
- lutte contre la cabanisation et le camping sauvage
- lutte contre la pollution, recherche en matière d’assainissement et de ressources en eau
- reboisement des massifs littoraux et politique d’espaces verts en station

2- D’intégrer ce développement du « tourisme de masse » dans une politique sociale engagée avec la création de camps de vacances et l’ouverture des vacances pour tous.

Ainsi, le Languedoc-roussillon, par son offre touristique de masse, est devenu la deuxième région française de tourisme de littoral avec 9 millions de touristes. Pour autant, ce mode de développement largement fondé sur l’attractivité résidentielle et touristique et sur les rentes patrimoniales qu’elle procure, a relégué au second rang les enjeux humains, environnementaux et sociaux. Malgré les initiatives publiques pour préserver ou mettre en valeur certains espaces, on a assisté, depuis quarante ans, à une réduction du capital environnemental du littoral : forte consommation foncière, « dégazage urbain » dans les lagunes, accélération de l’érosion des plages, dégradation des paysages en raison du mitage, d’une urbanisation parfois médiocre, du développement de friches et de la prolifération de panneaux publicitaires… sur fréquentation de certains espaces naturels, phénomène de cabanisation… L’espace étant largement disponible, il n’a pas été géré avec la rigueur et le discernement qui auraient été nécessaires ce qui a eu forcément un impact sur l’attractivité touristique.

Aussi, si la fréquentation touristique n’a cessée de progresser jusque dans les années 1990, le Languedoc-roussillon a connu une première baisse entre 1994 et 1996 puis une nouvelle phase d’érosion depuis 2001. En effet, l’offre du littoral est directement impactée par le contexte de croissance de la concurrence mondiale (400.000 lits en construction sur la méditerranée) et par la plus grande exigence des touristes qui pose la question du rapport qualité prix de la destination littoral Languedoc perçue comme vieillissante, trop dense, par rapport à d’autres destinations.
Mais le tourisme balnéaire est aussi largement affecté aujourd’hui par les mutations majeures qui touchent le territoire.

Celle de la croissance démographique et urbaine particulièrement forte sur la bande littorale (plus de 5000 habitants/an) :
- l’attractivité touristique s’est doublée d’une très forte attractivité résidentielle, la « ville vacances » devient une « ville loisirs » et « ville travail » seraient étroitement imbriquées. Les modes de « consommation » de l’espace littoral sont de moins en moins différenciés : touristes, résidents des villes littorales ou habitants des agglomérations de la région viennent chercher sur le territoire les mêmes fonctions récréatives ou de ressourcement.
- le territoire devient un territoire urbain fortement soumis à la pression foncière et immobilière : on a consommé autant de foncier en 30 ans (depuis 1975) que depuis 2 millénaires !
- on peut penser que les atteintes à l’environnement impactent aujourd’hui fortement son attractivité touristique (et pas encore son attractivité résidentielle)

Autre enjeu majeur, celui accélération de l’érosion des plages et donc du devenir des lidos (lagune derrière un cordon littoral), du fait d’un stock sédimentaire qui ne se renouvelle plus, mais aussi des impacts des aménagements qui ont perturbé l’équilibre naturel (270 ouvrages, 260 ha de plages gagnées par la mer depuis 1945), une perte de 10% de la superficie qui met directement en cause l’économie touristique.

Par conséquent, plus de 20 ans après l’arrêt de la Mission Racine du fait des lois de décentralisation, les enjeux nouveaux de la croissance démographique et résidentielle, de la modernisation de l’offre touristique, de la protection de certains espaces naturels (plages ou lagunes) face à l’érosion côtière ou aux risques anthropiques, ont conduit l’Etat à relancer une politique de littoral en créant en 2002 la Mission Interministérielle d’Aménagement du Littoral Languedoc Roussillon pour proposer une stratégie de développement, et favoriser la coopération, dans l’action conjointe de l’Etat et des Collectivités territoriales sur le littoral.

Un Plan de développement durable du littoral a été bâti, par la Mission, autour de 15 programmes d’action. Ce plan permet une lecture transversale de toutes les actions littorales du Contrat Etat-Région et du DOCUP Objectif 2, auxquelles s’ajoutent les actions financées au titre de la Dotation de Gestion Intégrée du littoral, la DGIL, dotée de 26,4 M€ pour la période 2003-2006.

Les principales actions engagées visent notamment à :

1- Accompagner l’évolution des stations balnéaires en villes littorales pour lesquelles l’arrivée de populations permanentes nouvelles constitue une opportunité pour favoriser le développement d’une vie à l’année propice à un étalement de la saison touristique. Cela implique de promouvoir un développement urbain structuré (projet urbain), économe en foncier, un urbanisme de qualité en favorisant une dynamique de renouvellement urbain par des actions coordonnées de rénovation, des cœurs de station conjuguant rénovation pour l’habitat permanent et structuration de l’immobilier de loisirs.

2- Préserver et valoriser le capital environnemental, notamment en s’engageant dans la gestion et la réhabilitation d’espaces littoraux. Pour faire face aux atteintes de l’érosion côtière et de la sur fréquentation touristique, d’importants programmes de réhabilitation ont été engagés sur huit sites emblématiques du littoral Languedoc Roussillon : opération Grand site de la petite Camargue, lido des Petit et Grand Travers, lido de Villeneuve les Maguelonne, lido de Sète-Marseillan, réhabilitation de la côte ouest de Vias, restauration des Coussoules, sauvegarde de l’étang de Canet, restauration du site de Paulilles.

Le site de Paulilles
Situé sur le côte Vermeille, à cheval sur deux sites Natura 2000 et propriété du conservatoire du littoral. Réhabilitation, requalification et valorisation d’une friche industrielle. L’objectif est de l’ouvrir au public et de permettre aux habitant d’effectuer un travail de mémoire.

Le lido de Sète-Marseillan
Bande de terre qui sépare la mer et l’étang. Elle subit deux agressions majeures :
- la mer coupe régulièrement la route nationale provoquant des dégâts. Des mesures d’enrochement sont prises ce qui entraîne par contre la réduction des plages.
- La sur fréquentation notamment des camping-cars.
Un projet d’un budget de 50 Millions d’euros est en cours dont l’objectif est de :
- décaler la route sur la partie nord
- reconstituer les plages naturelles
- gérer la fréquentation par la création de poches de stationnement et des parties accessibles uniquement à pied, à vélo ou en transport en commun.

3- Diversifier l’activité touristique pour élargir la clientèle et la saison en développant un tourisme s’appuyant sur les ressources du territoire. L’élargissement de la saison touristique passe par la recherche de nouvelles clientèles (retraités ou étrangers qui constitue le gros de la clientèle de moyenne saison, ou inversement un tourisme de courts séjours de proximité) et donc par le développement d’une offre touristique qui enrichisse et complète le tourisme saisonnier balnéaire s’appuyant sur l’ensemble des activités touristiques présentes sur la bande littoral : espaces naturels, contenus touristiques et patrimoniaux des pays littoraux, tourisme urbain. Désaisonnaliser l’offre touristique est une nécessité basée sur un constat simple :
- augmentation constante depuis 10 ans de la fréquentation au printemps qui devient un véritable potentiel contrairement au mois de juillet
- les attentes de la clientèle d’avant et d’après saison sont très différentes des attentes de l’été puisque davantage tournées vers la découverte du territoire, de l’authenticité.

Dans ce contexte, la valorisation des espaces naturels du Languedoc-Roussillon, et notamment des lagunes littorales (40.000 ha de plans d’eau et leurs espaces périphériques, lidos, salins, marais), d’une richesse patrimoniale reconnue au plan européen (34% de la frange littorale de 10 Km est inscrite au réseau Natura 2000), constitue une opportunité.
Aussi le développement d’une offre d’activités d’écotourisme (découverte de la nature, des activités liées à une gestion raisonnée de l’environnement...) peut venir compléter l’offre du littoral à destination des touristes mais aussi des loisirs des populations.

Un certain nombre d’initiatives locales visent ainsi à faire découvrir ces espaces encore trop méconnus, leur histoire et la culture qui y est associé, et contribuent à enrichir la perception des touristes ou des habitants de la région. Exemples :
- le développement d’une circulation douce pour l’accès au littoral dans les départements du Gard et des Pyrénées-Orientales
- le développement d’un tourisme de nature à travers la maison de la nature au Méjean, le centre du Scamandre, les visites guidées de la Gardiole ou de la Clape.

Conclusion :
Aujourd’hui, le tourisme est directement affecté par l’évolution actuelle des territoires et notamment les effets de la croissance démographique et urbaine, la dégradation de l’environnement
Au risque d’être trop optimiste, on peut malgré tout penser qu’il y a de vraies synergies à trouver entre tourisme, protection et valorisation de l’environnement : la préservation des richesses environnementales est un des principaux facteurs d’attractivité touristique.
Enfin, un écotourisme peut tout à fait se développer en complément du tourisme de masse et non en substitution car on n’est pas sur les mêmes échelles quantitatives, ce qui permettrait :
- de prendre conscience de l’intérêt fort qui existe entre l’activité touristique et la gestion des sites
- de faire mieux connaître les milieux lagunaires
- de construire une représentation collective plus forte pour une meilleure conscience de l’intérêt des ces zones.

3 - L’écotourisme dans le Parc National du Banc d’Arguin en Mauritanie
par Sylvie Blangy

Le Parc National du Banc d’Arguin (PNBA) est le premier Parc National créé en Mauritanie en 1976.Il couvre 12 000 km et 180 km de côte, c’est à dire 40% de la côte mauritanienne. Il abrite 278 espèces d’oiseaux, 200 espèces végétales sur un espace combinant désert de sable et mer. Il est connu pour les colonies d’oiseaux qui se reproduisent sur les îlots maritimes et les communautés de pêcheurs Imraguen. Les neuf villages qui se sont implantés le long de la côte représentent une population résidente de 1 736 habitants vivant de la pêche complétée par des populations itinérantes dans l’intérieur du Parc vivant de l’élevage.

Les valeurs biologiques et paysagères de la région ont été reconnues au niveau international par plusieurs classements :

  • zone humide d’importance internationale dans la convention de Ramsar,
  • site naturel du patrimoine mondial de l’UNESCO,
  • Parc National placé sous la juridiction de la Présidence.

Les pressions sur les ressources naturelles étant nombreuses, de provenances diverses et grandissantes, la priorité est donnée à des programmes de protection, conservation des ressources, de connaissance et de suivi des populations animales et de développement communautaire. Les plus grandes menaces identifiées ont été : la surpêche industrielle et artisanale, la pollution de Nouadhibou, le transit routier, les migrations et installations de nouveaux résidents, les activités économiques de transfert, le braconnage dans l’intérieur des terres, le pillage des sites archéologiques et le tourisme sauvage.

Cependant, avec le transfert du tourisme saharien des pays limitrophes sur la Mauritanie et la notoriété grandissante du PNBA à travers les médias, le Parc voit la pression touristique augmenter. Le tourisme ne fait pas l’objet d’une attention particulière. Il a toujours été une activité non organisée et non planifiée dans le Parc avec des flux de visiteurs limités mais croissants qui avoisinaient les 5 000 personnes en 1998.

Une première étude en 1995 permet de sensibiliser les acteurs à la démarche d’écotourisme à savoir « un tourisme respectueux, qui contribue à la protection et à la valorisation des ressources naturelles et des cultures locales et à l’amélioration des conditions de vie des populations autochtones ». Elle réussit à démontrer que l’écotourisme est la seule approche possible sur le PNBA. Un écotourisme qui s’appuie sur la présence d’une communauté scientifique forte et qui mobilise un accompagnement renforcé des populations résidentes afin d’en faire les principaux bénéficiaires et les artisans de cette forme d’accueil. Le diagnostic met également l’accent sur la fragilité des ressources naturelles, de la structure sociale des Imraguen et sur le sous-équipement total du Parc. Le potentiel d’observation naturaliste, de rencontre avec les communautés de pêcheur et de familiarisation aux techniques de recherche mérite d’être valorisé.

Le projet d’écotourisme doit se construire autour des atouts suivants :

  • les valeurs paysagères : le manque de relief fait se confondre et se fondre la mer, les îles, les dunes de sable et les plages et créent une ambiance envoûtante,
  • la présence annuelle de millions d’oiseaux nicheurs, reproducteurs, migrant jusqu’en Europe, et les mammifères marins,
  • la présence d’une communauté scientifique nombreuse, pluridisciplinaire, engagée dans la gestion des ressources du Parc à travers le conseil scientifique pour des séjours naturalistes et à caractère scientifique,
  • la présence des villages dans l’enceinte du Parc, la pratique d’activités économiques traditionnelles comme la pêche avec des embarcations à voile, la saison intensive de la pêche au mulet au filet, liée à des cures de poisson, les animations nocturnes traditionnelles, le développement d’un artisanat utilitaire,
  • les traditions d’accueil et d’hospitalité mauritaniennes qui sont très vivaces chez les Imraguen puisqu’ils offrent volontiers à titre gracieux, l’hébergement en camp de khaima, le tam-tam et le couscous poisson.

Les communautés Imraguen qui résident dans l’enceinte du Parc jouent un rôle important dans la protection des ressources naturelles et l’accueil de visiteurs. Mais ils n’en perçoivent pas les bénéfices directs. Suite à la baisse des effectifs de mulets, source principale de leur alimentation, les Imraguen se voient contraints d’adopter des pratiques de pêche qui ont des conséquences néfastes sur l’environnement (pêche des ailerons de requin et rejets des carcasses sur la plage).

Le Parc ne peut autoriser d’autres formes de visite que celles qui contribuent à la conservation et au bien-être des populations locales. Il n’a pas vocation à accueillir du tourisme traditionnel d’aventure pratiqué dans le reste de l’Afrique francophone (trek/désert/méharées) ni de safari luxueux offert (lodge/ grande faune).

En 1998, le PNBA se dote d’un plan directeur d’écotourisme approuvé par le gouvernement mauritanien et le conseil scientifique, qui sert de référence au Ministère du tourisme, est opposable à l’industrie touristique et s’intègre dans la série des publications du plan directeur de recherche et du plan directeur global décennal. Un plan d’action est développé avec les objectifs suivants :

  • renforcement des capacités institutionnelles et l’organisation administrative du Parc
  • accompagnement des communautés dans un programme d’éco-développement
  • développement d’un tourisme compatible avec les objectifs du Parc

Les projets d’écotourisme dans le PNBA

Il y a eu 3 missions d’écotourisme. La première remonte à 1995, elle était de l’initiative de Luc Hoffman. La dernière, à l’automne 1999, a permis la rédaction de la stratégie d'écotourisme approuvée intégralement par le gouvernement.

Constat sur le travail :

  • la population s’est révélée enthousiaste et créative notamment pour la rédaction du code de l’accueil en village Imraguen à travers lequel ils ont pu exprimer leurs attentes particulières, que ce soit au sujet de l'habillement, de l’alcool ou des baignades par exemple.
  • Ce sont les villageois qui ont défini les spécialisations et les complémentarités entre les villages et ont pu ébaucher les circuits inter villages.

L’écotourisme se révèle être la seule alternative économique à la pêche. Parmi les actions menées, c’est le campement touristique de Khaima, structures gérées par les femmes, qui fonctionne le mieux. Elles proposent de l’hébergement, de la restauration, des magasins et des « soirées tam-tam » en complément d’une prestation organisée depuis plus longtemps dans le parc, les balades en lanches autour des îlots accueillant les colonies d’oiseaux.

Constat sur les résultats :

  • les résultats restent limités
  • les problèmes de ravitaillement en eau potable, de gestion des déchets, d’électrification, de santé sont traités mais n’ont pas été encore complètement résolus
  • les pratiques de pêche non durables continuent à poser de nombreux problèmes
  • la nécessité de renforcer les programmes d’écotourisme se confirme
ces programmes d’accompagnement communautaire nécessitent du temps et se font dans la durée. Il est nécessaire de travailler avec un objectif de réappropriation locale à moyen terme. La coopération décentralisée est indispensable mais elle doit être menée en synergie et en collaboration étroite entre les bailleurs

Table ronde:
-1 réaction des participants
-2 débat avec la salle

1 - Réaction des participants : Questions (Daniel Crépin)

Peut-on développer ce type de tourisme dans le monde ?

Olivier Barrière :

« On est dans des réalités différentes d’appréhension de l’homme face à la nature.On parle de mission d’aménagement, de clientèle, d’intérêt touristique, de valorisation des espaces mais on n’a pas imaginé que l’homme fait partie de la biosphère. On considère la nature comme un objet qu’on aménage comme on veut. Il faut aller plus loin en prenant en considération le droit des générations futures.

La population (communautés Imraguen, intervention S. Blangy) se retrouve tiraillée dans son devenir par la forte pression exercée par la communauté internationale. Mais a-t-on demandé l’avis a ces populations ? Quels sont les travers de tels programmes car ce n’est pas en restant quelques mois qu’on peut suivre ces programmes et en tirer des résultats suffisants.

L’écotourisme est une bonne initiative mais c’est un leurre. N’est-ce pas une occidentalisation ?

En réalité, on oublie que l’homme fait partie de la nature, on oublie de faire le lien entre diversité culturelle et diversité biologique or il est nécessaire de penser l’homme et la nature en terme d’Unité. »

Christophe Lauriol :

Les actions menées sur le littoral Languedoc Roussillon ne résultent pas de la seule logique touristique. L’essentiel du travail est lié à d’autres actions. Les interventions sur les sites visent avant tout à rendre aux espaces leur fonctionnement naturel. L’objectif est de protéger les espaces et les écosystèmes des effets de l’urbanisation et de la sur fréquentation, en prenant en compte les réalités touristiques et urbaines, et en dépassant les clivages protection/valorisation.

Sylvie Blangy :

Nous avons les mêmes craintes. Le tourisme autochtone est long a se mettre en place dans le Banc d’Arguin mais ils seront mieux à même de gérer les autres activités que la pêche.

Un guide des destinations indigènes fut réalisé, il réunit 400 initiatives réussies dans le monde les population maîtrisent, accueillent et perçoivent les revenus du tourisme. Ce tourisme est un appuie à la réintroduction d’espèces, à la diversification des revenus, aux réclamation territoriales ….c’est encourageant !

Maintenant, il est vrai que le Banc d’Arguin n’est pas référencé dans le guide car le territoire n’est pas mûr.

Sommes nous prêt à recevoir de nouveaux touristes sur nos espaces ? Cela ne pose t-il pas le problème de la gestion de la fréquentation touristique? Sommes nous prêts pour cette gestion ?

Guilhem Reboul :

« NON !... je vais vous donner un exemple. Nous venons de remettre à jour le topo guide de petite randonnée, et pas une seule randonnée n’a été créée sur la zone littoral ! le conseil général ne parvient pas à mettre en cohérence les communes pour les droits de passage nécessaires mais très problématiques.

Notre territoire connaît un tourisme de masse qui se traduit par 40 millions de nuitées dont les 2/3 ont lieux en été et à 80% sur le littoral ! Prenez l’exemple du Cap d’Agde !

C’est pourquoi je ne crois pas dans le développement d’une offre globale d’écotourisme mais plus en une réorientation progressive des pratiques touristiques. Car nous ne pouvons pas sur le plan socio-économique nous passer du tourisme, il représente 40 000 emplois ! Et nous savons tous que ce développement est fragile et pour l’instant pas durable.

Nos objectifs au département sont clairement :

  • maintenir les emplois du tourisme
  • préserver les espaces
  • créer de nouveaux produits écotouristique pour compléter l’offre existante qui reste la pratique majoritaire

De plus, nous devons gérer la tendance démographique qui « mord » l’espace littoral à l’année et dans laquelle il faut intégrer les pratiques et activités touristiques. En effet, nous constatons que les facteurs attractifs de notre territoire sont les mêmes pour les touristes et pour les nouveaux arrivants ! A ce propos, nous travaillons sur les « enjeux urbains du littoral » par la requalification des stations balnéaires.

Je considère donc que nous ne sommes pas encore prêt pour accueillir de nouveaux touristes. Il nous faut d’abord régler les problèmes de pression sur les espaces. »

Marc Barral :

Le tourisme de masse est allé trop vite, il est aujourd’hui difficile de faire marche arrière. On est dans une démarche de canalisation de la fréquentation et de restauration des milieux pour limiter la casse. Il existe des outils de gestion des lagunes comme le réseau Natura 2000 pour prendre conscience et mieux appréhender le territoire. En effet, il permet de préserver les milieux, les activités traditionnelle et d’intégrer les demandes des citoyens : c’est un bon outil de développement écotouristique.

Au niveau local, cette démarche Natura 2000 n’est pas intégrée, elle fait peur. Peur de figer les choses telles qu’elles sans y intégrer le nécessaire développement local.

De plus, l’écotourisme pose un vrai problème : alors que le tourisme de masse s’adresse à une population large, l’écotourisme risque de ne concerner que les gens qui ont plus de moyens !

L’écotourisme est donc pour l’heure difficile à imaginer sur ce territoire.

Parlez nous des évolutions du groupe ACCOR qui s’est engagé sur la sensibilisation environnementale de ses salariés et de ses clients.

Denis Dussuchale:

Notre groupe s’est engagé dans une démarche environnementale. Nous cherchons à mesurer notre impact environnemental (eau, énergie, déchets….) et nous menons des actions avec le partenariat du conservatoire des milieux naturel. Par exemple, nous participons à des actions de nettoyage sur des zones telles que les Aresquiers, les Salins Castelat. L’objectif est de développer la sensibilité environnementale de nos collaborateurs.

Nous sommes donc conscient de l’incidence de notre industrie sur l’environnement, c’est pourquoi nous avons fait le choix de la certification ISO 14 001. De plus, nous avons intérêt à ce que notre département reste attractif sinon quid de nos entreprises ?!
Aussi, nous considérons que si nos collaborateurs sont convaincus, ils seront les meilleurs relais de notre politique de préservation environnementale vis-à-vis de nos clients.

C’est dans cette logique que nous avons mis en place en 2004 et 2005 des expositions itinérantes dans nos hôtels pendant la pleine saison. Nous proposions aussi d’ouvrir le débat avec nos clients sur ce sujet. Les résultats de cette initiative sont restés minces, il est très difficile de faire bouger les touristes de la plage !

2 - Débat avec la salle ( public présent : 50 personnes )

Farida Mhaouch (en formation Accueil touristique UFVC)
L’écotourisme développera t-il l'emploi tout au long de l'année ? Dans quelles mesures et quand peut-on l'espérer? Existe t-il un regroupement d'associations ou structure touristique qui établit une liste des offres d'emploi pour adultes (comme la MLI)?

S.Blangy :

« On en revient aux définitions ! Les italiens et les espagnols ont de nombreuses stations comme projet pilote pour la gestion intégrée de la qualité dans les zones littorales. (Les Baléares, les Iles Canari…)
La demande évolue, que ce soit l’exigences en qualité des paysages, des espaces naturels et notamment lagunaires ou encore les conditions de circulation automobiles. En Languedoc il faut réagir pour ne pas perdre notre attractivité. Nous constatons une fuite de la clientèle, c’est pourquoi il est urgent de monter des projets de nature à répondre à ces nouvelles exigences. De plus on assiste à une prise de conscience de la part des élus qui demandent à être accompagné, comme la commune de Marseillan.
Donc OUI, l’écotourisme peut être créateur d’emplois en toute saison. » 

Pierre-Yves Hardy (élève ingénieur ENSA les littoraux marins sont fragiles)
L'écotourisme se veut protecteur, va t-on rester sur le fait d'amener le touriste sans abîmer et ne pas faire en sorte d'améliorer la condition environnementale. Le tourisme est une économie, elle a un poids, comment peut-il booster les efforts des acteurs environnementaux trop peu écoutés sur certains sujets (bassin versant)

Mme Bousquet (Syndicat mixte de gestion de l’étang de l’Or)

Autour de l’étang de l’Or, le bassin versant est très urbanisé avec une grande activité agricole. Le tourisme comme relais de l’agriculture est difficile à concevoir sur ce territoire. L’agriculture créée certes des apports phytosanitaires mais il n’est pas possible d’éliminer toute l’agriculture car cela engendrerait d’autres problèmes environnementaux.
Il faut mieux intégrer les activités sur le territoire avec des pratiques plus respectueuses de l’environnement.
Quant au tourisme, les locaux ne sont pas prêts à avoir un accueil extérieur

Emmanuel Guyot (Voile de Neptune)
Y a t-il en LR ou dans l'Hérault une structure, un cadre, une concertation sur ce qu'est l'écotourisme et que mettre en place et comment dans notre région ?

 G.Reboul :

« Il existe un certains nombres d’instances comme la mission littorale, qui rassemble les collectivités, cependant, elles se questionnent plus sur le comment maintenir une activité économique que sur la définition de l’écotourisme.
La diversification a d’abord été pensée sur la montagne et le milieu rural, mais pas sur le littoral.

S.Blangy :

cela renvoie à l’association « écotourisme » nouvellement créée.

Nathalie Declerck
Les aménagements du lido de Sète et de Carnon, avec des parkings qui deviennent payants, ne risquent pas de revenir à taxer l'accès au littoral et de faire fuir les touristes? Pensez-vous pouvoir maintenir une fréquentation de 1 million de personnes avec le schéma d'aménagement du lido de Sète ?

 C.Lauriol :

Il y a une différence entre la définition de l’écotourisme et du tourisme durable. D’après le TIES (définition), l’écotourisme est une forme de voyage responsable dans les espaces naturels qui contribue à la protection de l’environnement et au bien être des populations locales. On peut considérer que sur le littoral Languedoc, il y a pluralité de situations et d’activités de découverte de la nature qui peuvent correspondre à cette définition.
Aujourd’hui, une étude sur la valorisation du patrimoine culturel et historique sur le littoral est en train d'être réalisée pour essayer de fédérer, de rendre plus lisibles des pratiques ponctuelles en différents points.

Pour les lagunes, une forte réticence des usagers à ouvrir ces espaces aux touristes et aux habitants de la région se fait ressentir. Il serait intéressant de prendre modèle sur des lieux où sont proposés des points d’interprétation et ainsi avoir une possibilité de donner à voir sans forcément ouvrir l’ensemble de ces espaces.

Concernant la gestion de la fréquentation touristique sur les sites naturels, l'expérience des Opérations Grand Site montre que la survie des sites implique souvent une régulation de la fréquentation qui passe par la mise en œuvre de trois types de contraintes :

- dispositifs d’interdiction pure pour préserver l’espace du piétinement,
- réduction de l’accessibilité des sites les plus vulnérables, notamment par la marche à pied, et au contraire forte accessibilité de sites « pots de miel » qui vont drainer à eux la fréquentation
- régulation par le financement pour gérer la fréquentation sur un site où la gestion passe par le paiement du visiteur (participation aux modalités de gestion tel que l’entretien du site).

Interventions multiples de la salle
« L’écotourisme tel que présenté comporte des taxes donc en fait un tourisme privilégié. La privatisation des plages ne permet plus aux régionaux d’accéder à leur site naturel, ou uniquement ceux qui auront les moyens. Ceci est un principe dérangeant et socialement inacceptable. "Pour entretenir les plages, il faut payer", ce qui met les plus pauvres dehors. Dans nos pays développés, la nature ne doit pas être payante, or les communes sont ravies de faire payer les parkings pour accéder aux plages. On appartient à la nature et la nature nous appartient. »

G.Reboul :

« De toute façon, la gratuité est un leurre dès qu’il y a des dépenses ! Nous sommes obligés de réagir lorsque les usages dégradent les sites. Prenez par exemple l’une de nos routes du littoral qui a finie par être détruite car elle été tout le temps en rénovation pour lutter contre l’érosion.
Actuellement, nous sommes en plein débat pour ce qui est du lido Travers. En effet, tous les habitants devraient être les premiers consommateurs de leur patrimoine, mais peut être que cela ne va pas durer… Il existe de nombreuses solutions comme les pistes cyclables, les interdictions de stationnement sauvage, les navettes…
Mais je voudrais préciser aussi, qu’il ne faut pas confondre le phénomène des plages privées qui est très différent de celui des parkings payants ! »

Les activités traditionnelles…

Françoise Kouchner (cabinet Thétys)
Le tourisme se nourrit aussi des paysages et des activités traditionnelles telles que pêche mais aussi marais salants, vignes. Qu'en est-il des marais salants arrêtés ou abandonnés (Grussan, Villeneuve) ? le tourisme peut conclure un mariage fructueux avec les productions locales…

Daphné de Ferigonde (chargée de mission)
Pourquoi les populations mauritaniennes ne pêchent plus avec les dauphins? est-ce que le massacre des requins a pu être enrayé ? est-ce que cela ne se serait pas produit malgré l'écotourisme ?

S.Blangy :

« Une des motivations des touristes est de partager le quotidien des populations d’accueil et notamment leurs activités traditionnelles comme participer à la pêche. Le problème dans le PNBA c’est la disparition des mulets pour cause de surpêche ! En effet, il s’y pratique de la pêche illégale qui n’est pas du simple fait des Sénégalais mais aussi des grands bateaux de pêche japonais…

Mais je voudrais préciser que notre planète est notre jardin mais que nous sommes trop nombreux sur cette planète ! Nous avons toujours su profiter des écosystèmes sans se poser la question du coût. En effet, ces services qu’ils nous rendent n’ont jamais été payés.

Nous devons tous réfléchir ensemble pour une meilleure gestion de nos espaces naturels, c’est ce travail qui a conduit au « Millénium Ecosystem Assesment »

(Anonyme)

N'y a t-il pas parfois concurrence entreapproche conservationiste (nature, oiseaux, poissons) et approche humaine développement

René Jam (enseignant en retraite)

"le mot n'étant pas la chose", et "quand dire n'est pas faire", comment permettre une responsabilisation en acte de chacun d'entre nous ?

Luc Gallot : (distribution de produits respectueux de l'environnement)

L'écotourisme n'est-il pas un alibi pour tenter de combattre les pertes de marché du secteur touristique traditionnel ?

D.Crépin :

« Hier, le Président des étangs de la narbonnaise qui a reçu le diplôme Ramsar a souhaité que les Béninois parrainent sa désignation dans le réseau Ramsar. C’est une symbolique très forte ! »

René Jam :

« Il y a en fait une contradiction de logique. Comment faire du qualitatif quand on fait du quantitatif ? On ne peut pas donner de réponse technique, ça pose le problème fondamental de l’éthique ! Il faut développer une éthique de l’action pour vivre en communauté. Le moyen c’est l’éducation à l’environnement et au développement durable.
Attention, le mot n’est pas la chose, dire ce n’est pas faire !

Il faut renouer avec la démocratie participative, il faut s’approprier une démarche. Le chemin c’est de travailler avec les forces vives locales pour potentialiser leurs ressources et leurs compétences. »

O. Barrière :

« Je voudrais citer la loi du 1 er janvier 2005 sur les Parcs Nationaux. L’idée n’est pas de tout régenter mais d’avoir un cœur et une adhésion. On ne parle plus de zones périphériques mais de Charte. C’est une question sur laquelle je travaille depuis longtemps en Afrique. A travers la Charte, on recherche le consensus et on définit les modalités d’accès aux ressources naturelles. L’idée a bien pris et dans le monde les populations sont prêtes à adopter une conscience écologique.
On essaie d’atteindre une gestion patrimoniale et maintenant la question du statut juridique de la patrimonialité se pose. Ce sont de nombreuses questions qu’il faudra développer plus tard.

Quoiqu’il en soit, il y a beaucoup de “dire” mais peu de “faire”, et nous avons besoin en effet de plus d’éthique pour le respect de l’avenir et des générations suivantes. »

Françoise Kouchner :

« Attention ! La démocratie participative à des effets pervers. En effet, lorsque se sont des locaux qui gèrent, il peut y avoir des résultats fâcheux notamment sur les conflits d’usage, le politique doit trancher ! »

René Jam :

« Agir local, penser global » c’est une réalité ! L’approche intellectuelle des problèmes de l’environnement ne suffit pas pour transformer les comportements.

Aujourd’hui, l’école a une approche intellectuelle parcellaire or il faut adopter une pensée systémique pour parvenir à une approche globale des problématiques car le tout est toujours plus que la somme des parties. »

Conclusion (Julia et Isabelle, ETHICALIA)

La question de ce soir était finalement de savoir si le tourisme est une menace ou une opportunité pour préserver l’environnement et plus spécifiquement les zones humides.
Question qui renvoie directement au rapport de l’homme avec la nature : diversité ou unité ?
Cependant, on a pris conscience que préserver les zones humides relève :

- d’un intérêt écologique
- d’un intérêt économique puisque l’environnement est une source d’attractivité des territoires, le préserver est ne pas scier la branche sur laquelle on s’assoit
- d’un intérêt social puisque cette attractivité maintient une activité et donc des emplois, mais également pose la question de la démocratisation de l’accès à la nature pour les touristes et pour les populations locales.

Ainsi, faut-il assurer l’équilibre entre ces trois intérêts pour mieux gérer mais surtout pour faire évoluer l’offre touristique. La question était alors “comment”, et une réponse : par la diversité :

- En Languedoc-Roussillon il est nécessaire de diversifier ses produits touristiques pour répondre et s’adapter à une nouvelle demande mondiale tout en préservant les autres activités telles que l’agriculture.
- Dans les pays du sud, on évite la mono activité : si l’on développe l’activité touristique on veille au maintien des autres activités traditionnelles comme la pêche.

Mais je crois que nous sommes tous d’accord ce soir pour dire qu’il faudra du temps pour développer ces nouvelles formes de tourisme car il faut :

- sensibiliser afin qu’une nouvelle éthique soit intégrée
- se concerter afin que toutes les a parties prenantes s’expriment, même si au final le politique doit trancher
- adopter une vision globale pour intégrer toutes les problématiques économiques, environnementales et sociales

Ainsi, pourra t-on agir durablement sur nos territoires. Enfin, n’oublions pas que ce qui nous a tous réunis ce soir c’est avant tout l’amour de la nature.

Compte rendu de séance relu par les participants
Prise de notes et réalisation avec le concours de
Claire Thomassin, Julia Ligneres & Isabelle de Montrichard
[16/02/2006]

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