Le virus West Nile
Texte de la conférence
donnée à
Agropolis Museum
le 22 novembre 2000
un arbovirus ré-émergent

par Bernard Mondet
Entomologiste médical à l’IRD




 S o m m a i r e

A. Généralités sur les maladies virales transmises par les insectes

1. Le cycle d’une zoonose à moustiques
2. Les zones épidémiologiques.
3. Les types d’hôtes et de vecteurs
4. La lutte et la prévention
B. Le virus WEST NILE
1. Historique et répartition géographique
2. Analyse de l’épidémie actuelle aux Etats-Unis
3. Le virus en Camargue, situation actuelle, études
C. Conclusion et Discussion

D. Quelques références bibliographiques sur le virus West Nile

Annexe 1. Arbovirus importants économiquement

Annexe 2. L’épizootie West Nile en France (août-novembre 2000). Bilan au 20/11/00 par le CNR des Arbovirus et virus des fièvres hémorragiques, Institut Pasteur, Paris

Annexe 3. Sites internet
 

A. Généralités sur les maladies virales transmises par les insectes

Le terme « arbovirus » (Arthropod Borne Virus, Virus porté par Arthropodes) regroupe des virus très différents les uns des autres, certains sont très connus car ils entraînent d’importantes épidémies chez l’homme comme la fièvre jaune ou la dengue, d’autres ne le sont que des spécialistes.
Ces virus sont transmis par des insectes piqueurs haematophages (moustiques, tiques, phlébotomes et autres) d’une manière biologique, ce qui sous-entend un cycle de plusieurs jours, indispensable, à l’intérieur du corps de l’insecte. La transmission mécanique, comme le feraient des seringues entre personnes, n’existe pas ou n’existe que rarement et toujours secondairement.

Les arboviroses sont des zoonoses : maladies d’animaux sauvages et/ou domestiques, pouvant passer chez l’homme (chez qui elles entraînent des fièvres bénignes, mais parfois des hémorragies, des encéphalites, des méningoencéphalomyélites). Mais la plupart du temps, les cas sont asymptomatiques, subcliniques et de ce fait, passent très souvent inaperçus. L’immunisation suit l’infestation, même en cas de maladie asymptomatique.

On peut établir, chez l’homme et les animaux, un diagnostique sérologique mettant en évidence, par des techniques ELISA, deux groupes d’anticorps, les IgM que l’on retrouve après une infection récente et les IgG qui prouvent une infection pouvant remonter à plusieurs années. C’est une indication, mais non une preuve, en raison des réactions antigéniques croisées, réactions très proches les unes des autres qui sont le fait de plusieurs virus appartenant à un même groupe, le cas du virus du West Nile. Il est donc indispensable d’isoler le virus, à partir du sang, du liquide céphalo-rachidien ou de certains organes, pour une détermination exacte. Le séquençage permet ensuite d’en déterminer la souche, si elle est connue ou de la décrire si elle est nouvelle. En France, ces opérations se réalisent dans des laboratoires très spécialisés de l’Institut Pasteur.

 1. Le cycle d’une zoonose à moustiques (Figure 1)

Pour exister dans une région, et s’y maintenir d’une manière permanente, le virus doit être constamment transmis et retransmis entre les vecteurs et les hôtes dans un cycle biologique. Le virus, apporté par les moustiques, passe chez les hôtes qui développent alors une virémie de 1 à 4 jours avant d’être immunisés. Au cours de ces quelques jours, le virus se multiplie dans le sang et c’est alors qu’il est ingéré par d’autres moustiques au cours de la piqûre, et le cycle se poursuit. Le virus, passé de l’hôte au vecteur, va entrer dans un cycle de développement interne au moustique, appelé le cycle extrinsèque, au cours duquel il va se déplacer, puis se multiplier, de l’estomac aux glandes salivaires où il va séjourner jusqu’à la mort du moustique. La température de l’air a une grande influence sur la rapidité de ce cycle, et aussi sur la survie des femelles, donc sur la durée de la période de transmission.

L’arbovirose existe car le virus est adapté à un ou quelques vecteurs ainsi qu’à un ou quelques hôtes. Les vecteurs sont adaptés au virus car le virus peut se développer en eux sans qu’ils en meurent. Les hôtes sont adaptés au virus dans la mesure où, développant une virémie, ils permettent au virus de se retrouver dans un nouveau cycle et, acquérant une immunité, ils survivent à la maladie et peuvent alors avoir une descendance qui, à son tour, pourra héberger le virus.

Quand la transmission par les moustiques n’est plus possible en raison d’une température trop basse ou d’une absence de pluies (saisons défavorables comme l’hiver en Europe ou la saison sèche sous les tropiques), le virus peut survivre dans des femelles de moustiques hibernantes ou parfois grâce à une virémie particulièrement longue chez certains hôtes qui entrent eux-mêmes en hibernation. La transmission verticale du virus d’une femelle de moustique à sa descendance, dans les œufs, permet également au virus de survivre dans la nature au cours des périodes défavorables quand les œufs sont eux-mêmes en diapause. C’est un phénomène qui est d’une grande importance épidémiologique, à condition que les conditions d’amplification virale soient réunies au moment de la réapparition du virus dans le cycle, au printemps ou au début de la saison des pluies.

2. Les zones épidémiologiques

Parfois, le virus sort de sa zone de présence habituelle, par l’intermédiaire de différents procédés ; il peut être transporté par ses hôtes habituels, comme des oiseaux migrateurs ou parfois des petits mammifères, il peut voyager par l’intermédiaire des insectes vecteurs eux-mêmes, prenant un moyen de transport tel qu’un véhicule ou même le vent. Le virus atteint ainsi une nouvelle région et, s’il y trouve des espèces locales de vecteurs potentiels et d’hôtes susceptibles, peut entraîner des épidémies. On distingue ainsi les régions où l’arbovirose est présente en permanence qui correspondent à la zone enzootique (s’il est question d’animaux) ou endémique (s’il est question d’humains) et les régions où l’arbovirose est temporaire et qui correspondent à la zone épizootique ou épidémique. Les zones épidémiques peuvent être cycliques ou sporadiques selon que la pénétration du virus est reliée à des cycles biologiques ou climatiques ou qu’elle est accidentelle.

L’existence du cycle biologique qui fait passer le virus de l’hôte au vecteur, puis de nouveau à l’hôte, est liée à des conditions écologiques et climatiques précises et correspond donc à une distribution géographique particulière. L’action de l’homme sur la nature, les éventuelles modifications du climat, entraînent des changements sur l’environnement qui influent sur les populations de vecteurs et d’hôtes. Ces modifications peuvent entraîner la disparition des hôtes ou des vecteurs, et donc du virus, elles peuvent aboutir à un nouvel équilibre naturel ou alors entraîner une prolifération des vecteurs et/ou des hôtes, donc éventuellement du virus. Dans ce dernier cas, les risques de passage du virus à des hôtes inhabituels, n’entrant pas dans le cycle, tels que l’homme ou les animaux domestiques, peuvent augmenter et, au pire, entraîner une épidémie ou une épizootie. On parle dans ce cas d’épidémisation. Si le virus trouve dans un nouveau milieu les conditions nécessaires et suffisantes à son maintien permanent, on parle alors d’endémisation.

3. Les types d’hôtes et de vecteurs

A chaque phase épidémiologique correspondent des hôtes et des vecteurs qui appartiennent souvent à plusieurs espèces et jouent des rôles différents. On distingue trois types d’hôtes : les réservoirs, les amplificateurs et les tangentiels (ou fortuits).
Les hôtes réservoirs sont indispensables pour que le virus se maintienne dans la nature. Il y a plusieurs conditions à cela : ils doivent être capables de  garder le virus dans leur organisme à un titre élevé pendant longtemps (virémie de plusieurs jours ou dizaines de jours), ils ne doivent par souffrir de la maladie d’une manière excessive (pas ou très peu de mortalité), ils doivent avoir une descendance abondante. Ils peuvent être aussi disséminateurs, comme le sont les oiseaux surtout les migrateurs.

Certains hôtes sont amplificateurs et participent au redémarrage de l’endémie ou à l’apparition des épidémies, ils ont un taux de reproduction élevé concordant avec le (ou les) pic(s) des populations de vecteurs, entraînant des vagues d’infestation. L’immunisation de la population des hôtes, s’il n’y a pas un taux de renouvellement suffisant, stoppe l’amplification.

Enfin, les hôtes tangentiels ne font pas partie du cycle et ne participent ni à l’amplification ni au maintien du virus. Ils correspondent à des accidents, à des culs-de-sacs épidémiologiques. Ils ont en effet souvent une virémie de faible titre ne permettant pas en retour l’infestation des moustiques qui les piquent alors qu’ils sont malades. Ce qui ne les empêche pas de développer une sévère maladie pouvant entraîner la mort (animaux domestiques, hommes).

Les vecteurs sont souvent plusieurs espèces à jouer un rôle dans la transmission aux différents types d’hôtes. Les moustiques sont considérés comme des réservoirs car une fois infectés par le virus, ils le restent toute leur vie, qui peut atteindre plusieurs semaines (voire plusieurs mois mais dans ce cas ils ont une période d’hibernation) pendant les quelles ils sont capables de transmettre le virus. Ils peuvent être disséminateurs poussés par le vent ou transportés par l’homme dans des véhicules terrestres, maritimes ou aériens. Ils sont amplificateurs et participent à l’épidémie au moment des éclosions massives (après la mise en eau de leurs gîtes larvaires).

4. La lutte et la prévention

Les encéphalites à arbovirus sont des zoonoses qui, dans leur zone endémique, passent souvent inaperçues tant que l’homme ou les animaux domestiques ne sont pas touchés. Ceux-ci s’infectent soit en pénétrant le milieu où sévit habituellement le virus, soit en entrant en contact avec un virus importé. Quand le virus débarque dans une région, on ne s’en rend souvent compte qu’une fois l’épizootie ou l’épidémie déclenchée, parfois par la mortalité importante d’un hôte tangentiel, tels les chevaux en Camargue. Une fois le virus déterminé, le vecteur principal connu, une première réponse consiste en une lutte ponctuelle contre les vecteurs pour stopper la transmission, à l’intérieur de la zone épidémique, mais ce type de lutte, en aucun cas, ne permet l’éradication de la maladie. Des études et des enquêtes sont indispensables pour déterminer l’ensemble des acteurs et comprendre les raisons de l’apparition du virus, les causes de l’épidémie, son extension géographique, estimer ensuite les risques de maintien et de ré-apparition l’année suivante.

La meilleure connaissance possible de l’ensembles des acteurs (virus, vecteurs, hôtes) est indispensable pour engager des moyens de prévention ou de lutte. Il faut confirmer le rôle et l’importance, en tant que vecteur, de chacune des espèces incriminées, car le fait d’héberger le virus ne signifie pas automatiquement que le moustique puisse le transmettre efficacement. Son rôle peut aussi être plus ou moins important selon sa répartition géographique locale. Certaines espèces sont inféodées à des milieux particuliers, qui peuvent être sauvages, domestiques et péri-domestiques, urbains et péri-urbains. Certaines espèces piquent le soir et le matin, d’autres au cours des heures les plus chaudes de la journée. Il est cependant indispensable de connaître l’ensemble des espèces de vecteurs potentiels, car plus les espèces d’insectes vecteurs sont nombreuses pour le même virus, plus il est difficile de lutter contre la virose. La protection individuelle est très importante et consiste à porter des vêtements à manche longue, à éviter l’exposition aux piqûres de moustiques, à utiliser des moustiquaires, et des produits anti-moustiques (répulsifs).
 
 

B. Le virus West Nile

Le virus West Nile est devenu récemment le responsable d’une maladie virale émergente en Europe et aux Etats-Unis qui présente un risque sérieux aux hommes mais surtout aux chevaux et aux animaux en général. La manifestation la plus grave, mais aussi la plus rare, est une encéphalite mortelle chez les humains et les chevaux.
Il appartient à la famille des Flaviviridae, au genre Flavivirus et à un complexe antigénique appelé « Encéphalite japonaise » qui inclut 10 virus. Il existe plusieurs souches du virus West Nile dont les effets sur les animaux et l’homme sont variables.

1. Historique et répartition géographique

Le virus a été isolé pour la première fois en 1937 du sang d’une femme malade en Ouganda, dans le district « West Nile », d’où son nom. Il a été décrit dans de nombreuses régions d’Afrique, d’Europe, du Moyen-Orient, d’Asie du sud et d’Asie centrale, d’Océanie (sous la forme d’un sous-type Kunjin).
Ce n’est que dans les années 50 et 60 que ses effets sur les populations d’hommes et de chevaux ont pu être précisés, en Israël (première épidémie reconnue en 1951-54 puis 1957), en Egypte et en France. Il a été responsable d’épidémies en Algérie en 1964, en Afrique du sud en 1974, en Roumanie en 1996-97, en République Tchèque en 1997, au Congo en 1998, en Russie en 1999, aux USA en 1999-2000, en Israël en 2000. En Roumanie, plus de 600 cas d’atteintes du système nerveux ont été recensés avec 5,4 % de mortalité. On a estimé à 80 000 le nombre de personnes touchées à Bucarest.
Il a été responsable d’épizooties parfois sévères principalement chez les chevaux au Maroc en 1996, en Italie en 1998, aux USA en 1999-2000 et en France en 2000.

Le virus apparu aux USA dans la ville de New-York, puis dans les environs en août 1999, s’est propagé en 2000 à l’intérieur des Etats-Unis, touchant actuellement 12 états du nord-est du pays. La souche virale des USA est génétiquement proche de la souche du Moyen-Orient. La souche en Camargue dans les années 60 était proche de la souche isolée en  Roumanie, celle de cette année le serait d’une souche africaine.

Seuls les oiseaux remplissent les conditions pour être réservoirs : virémie élevée, durable et souvent taux de reproduction élevé. On a isolé le virus de pigeons, de corbeaux (Egypte), de tourterelles (Israël) et de très nombreuses espèces animales aux USA (chats et chiens sont rarement touchés).

Parmi les moustiques, les Culex sont les vecteurs essentiels, car principalement ornithophiles, tels que Cx. univittatus en Egypte, Israël, Afrique du Sud, ou ceux du complexe vishnui en Inde, ou encore Culex modestus en Camargue. Cx. pipiens, qui peut être ornithophile ou anthropophile a été le vecteur principal en Roumanie comme il l’est actuellement aux USA.

Chez les animaux, les manifestations peuvent être sub-cliniques, mais en général entraînent des fièvres et des encéphalites avec 25 % de mortalité chez les chevaux et les ânes. La virémie ne dure que quelques jours chez les chevaux et elle est souvent très faible. Ce fut le cas en Camargue cette année. Ce ne sont donc ni des hôtes amplificateurs ni des réservoirs, mais seulement des hôtes tangentiels ne jouant aucun rôle dans l’épizootie.

Chez l’homme, les manifestations sont en général sub-cliniques, sinon ce sont des fièvres, des courbatures, des céphalées, correspondant au tableau clinique de nombreuses arboviroses. Les manifestations les plus graves sont des encéphalites, plus particulièrement chez les personnes âgées. L’incubation est de 3 à 15 jours, la virémie reste faible et dure environ 6 jours. La mortalité est faible (quelques pourcents).

2. Analyse de l’épidémie actuelle aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, il y a eu en 1999, 62 cas de forme sévère chez l’homme dont 7 morts, dans la région de New-York, et en 2000, 18 cas dont 1 mort, un homme de 82 ans dans l’ensemble des 12 états concernés. Chez l’homme, moins de 1 % des personnes infectées va développer des formes sévères. Le taux de mortalité varie de 3 à 15 % et plus chez les personnes âgées. Les chasseurs peuvent avoir un risque plus élevé que d’autres personnes, car séjournant dans des zones marécageuses où pullulent les moustiques.
Entre le 1er mai et le 31 octobre 2000 on a répertorié : 53 chevaux infectés, 26 autres mammifères (chauve-souris, raton-laveur, lapins, écureuils), 4044 oiseaux dont beaucoup de corneilles « american crow » retrouvées mortes, 445 lots de moustiques positifs et 6 oiseaux sentinelles (poulets). On a trouvé des traces du passage du virus chez des oiseaux appartenant à 70 espèces. Le rôle des corneilles dans l’épidémiologie du West Nile pourrait être plus amplificateur (en raison d’une virémie élevée) que disséminateur (à cause d’une mortalité très forte). De très nombreux animaux peuvent héberger le virus, jouer un rôle important mais moins visible que pour les oiseaux, car les manifestation cliniques sont souvent absentes. Seules des enquêtes de prévalence pourraient le préciser.

Les moustiques trouvés porteurs du virus sont des Culex et des Aedes. Culex pipiens, Cx. restuans et Cx. salinarius sont des moustiques qui piquent du crépuscule à l’aube, alors que Aedes japonicus et Ae. triseriatus sont des moustiques qui piquent le jour. Le virus est d’abord transmis par des moustiques ornithophiles et les premiers animaux atteints sont les oiseaux. Chez Culex pipiens, le vecteur principal (comme pour l’encéphalite de St Louis), il existe des souches ornithophiles et d’autres anthropophiles qui peuvent co-exister dans une même population. Il peut être urbain et sub-urbain. Les femelles pondent leurs œufs dans une grande variété de gîtes larvaires et forment des populations souvent importantes en nombre. En hiver, les femelles, dont certaines sont porteuses du virus, se réfugient dans des endroits protégés du froid, comme le métro de New York, et c’est là qu’elles hibernent. Elles peuvent reprendre de l’activité et même piquer dès que la température remonte à 12-15 °C environ.
.
Le virus, apparu en août 1999 aux Etats Unis pour la première fois, a disparu en hiver. Mais la transmission a repris dès le printemps 2000, sur un grand territoire, sous-entendant la possibilité d’une implantation définitive. L’endémisation risque de suivre l’épidémisation.

3. Le virus en Camargue, situation actuelle, études (figure 2)

Rappelons que le virus avait déjà circulé dans la région au début des années 60. Une épidémie chez les chevaux (dont 50 étaient tombés malades) a eu lieu en août/septembre 1962. Le virus avait été isolé du moustique Culex modestus en 1964, de l’homme puis du cheval. Le Cx modestus a comme gîtes larvaires les rizières et les roselières, plus rarement les scirpaies Les adultes hibernent dans les roseaux. Les femelles pondent en avril et parfois dès le mois de février. Il y a plusieurs générations par an, l’activité des adultes cessent vers la fin du mois d’octobre. C’est un moustique très agressif, polyphage, qui peut piquer jour et nuit, avec des pics à l’aube et au crépuscule. Il se déplace peu. Fièvres et atteintes cérébrales (encéphalites) avaient été observées chez l’homme, et des encéphalomyélites chez le cheval, animal particulièrement sensible, chez qui la virémie est courte. Le virus a de nouveau été isolé au cours de l’hiver 1968-69, chez des femelles de Cx. modestus en hibernation. Une enquête sérologique menée en 1975-76 en Camargue avait permis de mettre en évidence des anticorps chez l’homme (prévalence de 4,7%, n = 235) et chez le cheval (prévalence de 11%, n = 99). Les ovins ne sont que rarement touchés, les bovins ne le sont pas. Tous les oiseaux ne sont pas sensibles et les rongeurs ne le sont que très peu.
Cette année 2000, c’est à nouveau chez les chevaux que le virus West Nile s’est manifesté, fin août-début septembre. A la demande de la préfecture de l’Hérault, des traitements aériens anti-larvaires dirigés contre Cx modestus ont été immédiatement réalisés par l’EID dans la zone où le virus était actif (communes de Lansargues et de Lunel). L’EID, les Services Vétérinaires Départementaux (les SVD) et la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales (la DDASS) participent aux opérations. Une enquête sérologique chez les chevaux a été réalisée, dont les résultats commencent à apparaître (cf. annexe).
Il n’a pas été observé de mortalité particulière d’oiseaux, mais des enquêtes préliminaires sur la faune ornithologique sont en cours (maître d’ouvrage : Direction Générale de l’Alimentation (DGAl) et maître d’œuvre : L’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) dont les membres de la Direction recherche et développement, spécialistes de l’avifaune et des zones humides, participent à l’étude.

Les différents partenaires sont :
- l’Institut Pasteur (IP - Centre national de référence des arbovirus et des fièvres hémorragiques)
- l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA - Service de virologie générale  et Service d’épidémiologie ).
- le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD - Programme écosystèmes naturels et pastoraux).
- La Direction des services vétérinaires de l’Hérault
- Le Laboratoire départemental d’analyses vétérinaires (LDAV) de l’Hérault
- l’Entente interdépartementale de démoustication (EID) Méditérannée.
- L’Institut de recherche pour le développement IRD, Centre de Montpellier.

C. Conclusion et discussion

La fièvre du West Nile et les autres encéphalites transmises par des insectes doivent être surveillées et les risques de transmission atténués, afin d’éviter l’épidémisation et/ou l’endémisation de la maladie. La possibilité de créer en routine des examens de laboratoire pour la détection rapide de la présence du virus chez les moustiques est fondamentale. La recherche est difficile, car on estime à moins de 1 % la quantité de moustiques infectés, qui est compensée par le fait qu’il est possible de repérer la présence du virus chez un seul moustique au milieu de lots d’une trentaine d’individus. Simultanément, il convient de cibler les espèces de moustiques responsables (recherche de virus chez les vecteurs potentiels à différentes périodes de l’année) et les espèces d’oiseaux les plus communément atteintes. Il peut y avoir plusieurs espèces de moustiques incriminés ayant des rôles différents selon l’époque de l’année. Le virus peut d’abord circuler chez les oiseaux avant d’atteindre les chevaux ou les hommes.

Pour assurer une surveillance régulière, il faut donc mener les études nécessaires à la détermination exacte du ou des vecteurs ainsi que des hôtes et de leurs rôles réciproques dans les cycles. On peut également surveiller l’apparition et la circulation du virus dans la nature en utilisant des animaux-sentinelles, à condition de connaître leurs réactions au virus au préalable. Ce peut être des poussins, des pigeons, des canards. Les chevaux sont particulièrement surveillés, mais ils ne peuvent être pris comme sentinelles car leur répartition est particulière et localisée.

Quand un virus débarque quelque part, qu’il trouve les moyens sur place d’être amplifié, il entraîne généralement une épizootie, parfois une épidémie et des cas humains mortels, en s’attaquant à une population d’hôtes non immunisée. S’il n’est pas dans son milieu habituel, c’est-à-dire sa zone endémique, il risque de disparaître naturellement en quelques années, si la population de vecteurs a une distribution géographique limitée et/ou si la population d’hôtes est limitée. Mais il peut trouver sur place des vecteurs et des hôtes vicariants (de remplacement) qui peuvent favoriser son endémisation. Il peut aussi être régulièrement ré-introduit, en l’occurrence par des oiseaux migrateurs venant d’une zone endémique. Mais cela suppose un ensemble de conditions favorables (écologiques, climatiques, biologiques…) rarement réunies chaque année. Le réchauffement du climat pourrait, à terme, permettre l’installation de nouvelles espèces de vecteurs ou d’hôtes, raccourcir la durée du cycle extrinsèque et augmenter la durée de la période de transmission (hivers moins rigoureux).

Si des traitements insecticides sont décidés, ils doivent être parfaitement ciblés, et dirigés préventivement sur les stades larvaires. En cas d’épidémie reconnue, c’est plutôt des traitements adulticides qui sont utilisés. Or, aux USA, les traitements (anti-adultes) sont très controversés, les estimations d’efficacité se situent entre 30 et 85 % de réduction, mais ces derniers sont mis en cause par certains observateurs. Dans le cas d’arboviroses, il est très difficile d’estimer le réel impact d’une lutte contre les adultes de moustiques et de relier valablement une baisse de la prévalence chez les animaux ou les hommes à la réussite de la campagne de lutte. Ce genre de lutte ne semble pas empêcher la dispersion géographique du virus, comme on l’observe aux Etats-Unis actuellement. En Camargue l’EID effectue des traitements extrêmement ponctuels, avec des insecticides spécifiques, et uniquement dirigés contre les larves.

Une surveillance sur une vaste étendue est donc nécessaire, pour permettre de suivre les différentes étapes du processus :
- apparition et amplification du virus dans les populations animales
- circulation et dissémination géographique (routes des oiseaux migrateurs)


 

D. Quelques références bibliographiques sur le virus West Nile
  • Anderson JF et al. Isolation of West Nile Virus from mosquitos, crows and a Cooper’s hawk, in Connecticut. Science, 1999, 286 : 2331-2333
  • Beytout D et Joubert L. Les Arboviroses humaines et animales. Leurs incidences dans le Midi Méditerranéen de la France. Pathologie Vétérinaire et comparée, 1967. 3 : 1-32.
  • Hubalek Z, Halouzka J. West Nile Fever – a reemerging Mosquito-borne Viral Disease in Europe. Emerging Infectious Diseases, 1999, 5(5) : 643-650
  • Joubert L et Our J. Les zoonoses arbovirales. Leur présence en France. II. – La méningo-encéphalomyélite équine West Nile du Midi méditerranéen français. Revue Méd. Vét., 1970. 121 : 221-246
  • Klingberg MA, Jasinka-Klingberg W, Goldblum N. Certain aspects of the epidemiology and distribution of immunity of West Nile virus in Israel. In: Proceeding of the 6th International Congress of Tropical Medicine, 1959;5:132.
  • Lanciotti RS et al. Origin of the West Nile Virus Responsible for an outbreak of encephalitis in the Northeastern United States. Science, 1999. 286 : 2333-2337
  • McIntosh BM, Jupp PG, Dos Santos I, Meenehan GM. Epidemics of West Nile and Sindbis viruses in South Africa with Culex (Culex) univittatus Theobold as vector. S Afr J Sci 1976;72:295.
  • Panthier R, Hannoun C, Beytout D et Mouchet J. Epidemiologie du virus West Nile. III – Les maladies humaines. Ann. Inst. Pasteur. Paris, 1968. &&5 : 435-445
  • Smithburn KC, Hughes TP, Burke AW, Paul JH. A neurotropic virus isolated from the blood of a native of Uganda. Am J Trop Med Hyg 1940;20:471.
  • Tsai TF, Popovici F, Cernescu C, Campbell GL, Nedelcu NI. West Nile encephalitis epidemic in southeastern Romania. Lancet 1998;352:767-71.

Annexe 1 . Arbovirus importants économiquement

Arbovirus importants économiquement :

Il existe de très nombreuses maladies virales transmises par les insectes. Les critères d’appartenance au groupe des arbovirus sont écologiques et biologiques et non morphologiques. Ils appartiennent à cinq familles :

Flaviviridae (62 espèces)
· Fièvre jaune (zones tropicale et inter-tropicale : Amérique centrale et du sud, Afrique de l’ouest et centrale surtout). Cycle selvatique avec vecteurs sauvages Aedes; cycles domestiques avec vecteur urbain Aedes aegypti

· Dengue et Dengue hémorragique (monde tropical et inter-tropical). Quatre
sérotypes. Cycle sauvage très limité, essentiellement cycle et vecteur urbains,  Aedes. Nombreux vecteurs potentiels. En pleine expansion.

· Encéphalites  (chez l’homme)
- japonaise (Japon, Chine, Asie). Cycle endémique : Hérons, Culex de   rizières. Les cochons sont des hôtes amplificateurs, entraînant le passage à l’homme et aux chevaux. Mortalité humaine considérable (23~30 %, jusqu’à 50 % chez les personnes âgées).
-  de St Louis (la plus importante encéphalite aux USA, en 1975, plus de
2000 cas et 171 morts). Culex associés aux pluies : Cx. tarsalis et Cx. pipiens, d’autres à des gîtes de saisons sèches comme Cx. quinquefasciatus. Souches virales différentes, entraînant des virémies différentes. Hirondelles de maisons ont des virémies exceptionnellement élevées.
- de la Murray Valley (Australie) Culex annulirostris
- du West Nile (Afrique, Asie, Europe. USA depuis 1999). Cycles entre oiseaux réservoirs et moustiques, particulièrement des Culex. L’homme et les autres animaux (chevaux, ânes, ovins, bovins, etc.) sont des hôtes accidentels.

Togaviridae (27 espèces)
· Encéphalites équines
- Eastern Equine Encephalitis (en 1947 : plus de 14 000 chevaux, plus de 11 000 morts. 2 types de virus : 1 aux USA, 1 en Amérique centrale et du sud). USA : Culiseta, ornithophile, de marécage. Plusieurs espèces Coquillettidia et Aedes transmettent le virus aux hommes et aux chevaux. Amérique du sud : essentiellement Culex.
- Western Equine Encephalitis (Canada, ouest des USA, Amérique du sud) Culex tarsalis à l’ouest, Cx  melanura à l’est. Bouffées épidémiques
- Venezuelan Equine Encephalitis (monde tropical, Amériques). Existe des sous-types infectant de petits rongeurs. Les chevaux qui servent d’hôtes amplificateurs (virémie très haute). Les vecteurs sont nombreux : Culex, Psorophora, Aedes.
 

· Genre Alphavirus
- Ross River (Australie) donne fièvre, arthralgie, etc., les vecteurs sont des Aedes et desc Culex. A partir de 1979, expansion dans les îles du Pacifique Est avec Ae. polynesiensis.
- O’Nyong-nyong (Afrique), entraîne fièvre, arthralgie, etc. les vecteurs sont des Anopheles également vecteurs du paludisme. Une épidémie importante en Afrique de l’est en 1959-62, mais anticorps existent pratiquement partout.
- Chikungunyia (Afrique tropicale, Asie), cf Fièvre jaune, même  épidémiologie.
 - Sindbis (Australie et Afrique du sud) cf West Nile, même épidémiologie.

Bunyaviridae (env 250)
· Groupe California ou virus La Crosse. (Canada, USA, Amérique centrale et du sud, Europe centrale et Finlande). Les hôtes sont des lapins, des écureuils ; les vecteurs, des Aedes triseriatus, hibernent sous forme de larves. Leurs gîtes larvaires sont des trous d’arbre. L’étude du cycle a permis la mise en évidence de la ransmission verticale du virus pour la 1ère fois. Chez les humains : céphalées, rarement infection du système nerveux central. Mortalité < 0,5 %.

· Rift Valley (Afrique + Yemen et Arabie Saoudite en 2000). Réservoir : ruminants et bovins. Quelques rongeurs sauvages sont séropositifs. Vecteurs : Culex et Aedes. Avortement du cheptel et mortalité importante. Chez l’homme, céphalées, athralgie, jaunisse, parfois décès.

· Fièvre hémorragique de Crimée Congo. Arbovirose à tiques.

Rhabdoviridae
· Vesicular stomatitis (Amériques) Attaque les chevaux, les cochons, le bétail. Le cycle sauvage implique des cervidés. Les vecteurs seraient des Phlébotomes.

Reoviridae
· Bluetongue. Virus attaquant le bétail, moutons en particulier, chez qui il peut persister 4 mois. Originaire d’Afrique, se répand dans le monde à partir des années 50. Epidémies en Afrique, Europe du sud, Moyen-Orient, Pakistan, Inde, Japon, USA. En Australie, au Brésil, au Canada et dans d’autres pays, le virus est présent mais n’a pas d’effets cliniques connus. Les vecteurs sont des Culicoides. On a recensé 24 sérotypes, ce qui rend l’élaboration de vaccin extrêmement difficile.

· African horsesickness virus. Les vecteurs sont nocturnes Culicoides, Culex ? et sans doute des tiques. Originaire d’Afrique, expansion au Moyen-Orient dans les années 40. Puis Irak, Iran, Inde…1959, Espagne 65-66, puis plus de cas.

Annexe 2 : l'épizootie West Nile en France (août-novembre 2000).

Bilan au 20/11/00
Par le CNR des Arbovirus et virus des fièvres hémorragiques,
Institut Pasteur, Paris
 

Introduction

Le virus West Nile est un arbovirus transmis par des moustiques circulant principalement en Afrique sub-saharienne et dont le cycle fait intervenir des oiseaux. Il peut atteindre l’homme et les chevaux induisant généralement une maladie fébrile pseudo grippale et dans certains cas des encéphalites. En France, une épizootie fut signalée en 1962-1963 en Camargue chez des chevaux avec plusieurs cas humains associés. Le virus fut isolé de moustiques Culex modestus en 1964 et 1965 ainsi que chez un cheval malade.
 

Identification de l’épizootie

Le Centre National de Référence (CNR) des Arbovirus à l’Institut Pasteur reçoit le 4 septembre 2000 une demande de sérologie West Nile envoyées par un vétérinaire pour deux chevaux stationnés à Lansargues (Hérault). Ces équidés ont présenté un tableau d’encéphalite respectivement les 24 et 28 août conduisant à leur euthanasie le 30 août et le 1er septembre. Afin d’éliminer une infection par le virus de la rage, une biopsie cérébrale est réalisée pour l’un des chevaux. La sérologie IgG West Nile rencontrée positive le 5 septembre est confirmée le 6 et la Direction Générale de la Santé (DGS) immédiatement informée du risque d’une éventuelle épizootie West Nile dans l’Hérault. L’infection par le virus West Nile est définitivement confirmée le 8 septembre par la détection de l’ARN viral dans la biopsie cérébrale, ainsi que la présence d’anticorps West Nile de type IgM chez ces chevaux.

Le 8 septembre, une conférence téléphonique sous l’égide de la DGS réunit notamment l’Institut de Veille Sanitaire (INVS), la Direction Générale de l’Alimentation (DGAl), la Direction des Services Vétérinaires (DSV) et la Direction Départementale de l’Action sanitaire et Sociale (DDASS) de l’Hérault, l’Entente Inter-Départementale de Démoustication (EID), l’Agence Française de Sécurité et Salubrité Alimentaire (AFSSA) et le CNR des Arbovirus afin de décider des mesures à prendre.
 

Chronologie des actions

Le 9 septembre, une démoustication focalisée sur les gîtes larvaires de Culex modestus est réalisée par l’EID à proximité des foyers initiaux identifiés dans l’Hérault. Le 11 septembre, un 1er cas est détecté dans le département du Gard et une autre démoustication toujours focalisée sur Culex modestus est réalisée les 15 et 22 septembre dans le Gard sur une superficie de 320 hectares. Quelques captures de moustiques sont réalisées par l’EID dans les zones à traiter et autour des foyers identifiés. Les moustiques sont triés par espèce, localité, date et mis en lots et conservés congelés pour recherche virale ultérieure au CNR.

Une décision de la commission européenne (numéro C(2000) 2712) du 15 septembre 2000 exige que tout cheval situé dans la zone de l’épizootie ne peut être déplacé en l’absence d’un certificat sanitaire spécifiant que l’animal a subit un isolement de 21 jours à l’issue duquel il a été soumis à un test ELISA West Nile s’étant avéré négatif. L’application de la décision initialement prévue jusqu’au 31 octobre 2000 est prolongée jusqu’à fin novembre 2000.

Le 21 septembre une réunion est organisée à Montpellier, à l’initiative de la DGAL, et réunissant les DSV et les LDV ainsi que des vétérinaires de l’Hérault et du Gard, l’AFSSA, le CNR, l’EID, l’Institut de Recherche en Développement (IRD), le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS). Les demandes sérologiques humaines et animales dans le cadre d’une suspicion clinique sont systématiquement adressées au CNR. Une enquête sérologique de prévalence chez les chevaux dans la zone infectée et en périphérie a été initiée et les prélèvement sont adressées à l’AFSSA. Une alerte par la DGS est lancée le 25 septembre auprès des services hospitaliers pour la recherche d’étiologie West Nile en cas de suspicion clinique chez l’homme. Il est également décidé que l’Institut de Médecine Tropicale du Service de Santé des Armées (IMTSSA) du Pharo à Marseille réalisera les tests ELISA dans le cadre de la décision de la Commission européenne; ce surcroît de demandes sérologiques ne pouvant être assuré pour des problèmes de personnels par le CNR et l’AFSSA.
 

Données virologiques

Entre le 04/09/00 et le 15/11/00, le CNR des Arbovirus a reçu 141 demandes de sérologie West Nile pour des équins avec suspicion clinique, 19 prélèvements de bovins, 8 de caprins et 9 d’animaux divers (chameau, chien…).

Des animaux positifs en ELISA ont été rencontrés uniquement chez les équidés : 78/141 (55%) dont 20 décès (26%) :
· 100 cas en septembre dont 63 positifs (63%), 39 cas en octobre: 13 positifs (33%) et 2 cas en novembre: 2 positifs
· 56 (72%) chevaux ont des anticorps de type IgM avec ou sans IgG, 2 chevaux ont un taux limite d’anticorps de type IgM mais sont positifs en IgG, 20 chevaux ont uniquement des IgG, sans IgM, bien que les prélèvements aient été réalisés durant la phase aiguë de l’infection.

Tous les cas équins confirmés, à l’exception de trois cas, sont situés dans la zone appelée «Petite Camargue », dans un rayon de 15 km environ, limitée au nord par Sommières/Montpezat, au sud par St Nazaire du Pézan, à l’Ouest par Teyran et à l’est par Beauvoisin. Cinquante cas (64%) sont situés à Lansargues (9 cas), Lunel Vièl (7 cas), Le Cailar (7 cas), Marsillargues (6 cas), St Laurent d’Aigouze (5 cas), Vauvert (4 cas), Lunel (3 cas), Mauguio (3 cas) et St Nazaire du Pézan (3 cas). Trois cas équins sont localisés à proximité du parc national de Camargue, prélevés respectivement le 30 septembre, 29 octobre et 3 novembre à proximité des Saintes-Maries de la Mer.

Une quarantaine de patients suspects d’atteinte par West Nile en septembre-octobre ont été testés. Aucune infection récente n’a été diagnostiquée.

L’enquête de séroprévalence chez les chevaux mise en place par l’AFSSA, en collaboration avec le CNR concerne tous les chevaux situés dans un rayon de 10 km autour des cas confirmés. Sur plus de 4500 sérums reçus, 1303 sont analysés à la date du 13 novembre 2000. La présence d’IgG West Nile par ELISA est observée chez 170 chevaux (13%) dont 76 (44%) sont également positifs en IgM. L’analyse précise des résultats (lieu, date de prélèvement…etc) se fera ultérieurement.

Le virus identifié en septembre se rapproche au niveau phylogénique de virus isolés lors de épizooties chez des chevaux au Maroc en 1996, en Italie en 1998 et de moustiques au Sénégal en 1993.

Un projet d’enquête épidémiologique préliminaire sur l’infection de l’avifaune du département de l’Hérault présenté à la DGAl est initié fin octobre. Il comporte l’étude de la prévalence sérologique sur 4 espèces d’oiseaux sauvages sédentaires et sur des oiseaux domestiques ou sentinelles, ainsi que l’étude virologique sur les oiseaux morts.
 

Perspectives

La création d’un groupe d’étude couvrant les différents aspects de la surveillance du virus West Nile est préconisée.
 

Remerciements:

Le CNR des Arbovirus et virus des fièvres hémorragiques (Hervé Zeller, Bernadette Murgue) remercie tous les acteurs qui sont intervenus dans l’identification, le suivi et la gestion de l’épizootie et qui ont permis d’obtenir les données présentées.

Annexes 3 . Sites Internet
  • CRORA pour les virus d’Afrique (Institut Pasteur de Dakar / IRD

  • Centre Collaborateur OMS de référence et de recherche pour les arbovirus et les virus de fièvres hémorragiques :
    http://www.pasteur.fr/recherche/banques/CRORA/
  • EID Méditerranée : Entente Interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen

  • http://www.eid-med.org/

Retour haut de page | Retour Savoirs partagés | Retour Agropolis-Museum